Le budget nano en Iran,4 fois inférieur à l’indemnité de l’entraîneur Wilmots

Un contraste saisissant entre le budget a alloué au développement des nanotechnologies en Iran et les sommes dépensées (ou gaspillées) dans d’autres secteurs, notamment le football. Le budget annuel du Comité de développement des nanotechnologies (dont le vrai nom est « Comité spécial pour le développement des technologies nano et micro ») s’élève à environ 250 milliards de tomans (sur une allocation prévue de 330 milliards, dont seulement 70% ont été effectivement débloqués). Ce montant est mis en perspective avec l’indemnité versée à l’entraîneur de football belge Marc Wilmots : 846 milliards de tomans (5,325 millions d’euros, sans les intérêts), soit 3,4 fois le budget annuel de la nano. Un autre exemple : le club de football Esteghlal a été condamné à payer 37 milliards de tomans à un joueur bosniaque qui n’a jamais joué une seule minute pour l’équipe.
Malgré ces ressources limitées, l’écosystème nano iranien affiche des résultats exceptionnels : 1 965 produits industriels fabriqués par 438 entreprises de la connaissance, 230 nouveaux produits certifiés en un an (dépassant l’objectif d’un produit par jour ouvré), et 17 millions de dollars d’économies de devises (via la loi « achat pour la première fois » dans l’industrie pétrolière). L’Iran se classe au 4e rang mondial pour l’élaboration de normes internationales en nanotechnologie (derrière les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon). Il cite même le nouveau Guide suprême qui a cité les nanotechnologies parmi les « capacités de pointe et capitaux nationaux » de l’Iran.
Le passage à l’ère des microtechnologies (microélectronique, puces, capteurs IoT) nécessitera des investissements des dizaines de fois supérieurs. Le budget actuel ne permet pas d’équiper les salles blanches (clean rooms) ni d’acheter les équipements de lithographie avancée. L’auteur appelle le Parlement et l’Organisation du plan et du budget à revoir fondamentalement leur approche, estimant que la survie économique de l’Iran dépend de la création de lignes budgétaires centralisées de plusieurs milliers de milliards de tomans pour les technologies de pointe.