Un haut gradé du Sepah fixe les règles – « Négociation oui, diktat non »

Hamidreza Moghadamfar, conseiller du commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne (Sepah), a accordé une interview à la chaîne Al Mayadeen dans laquelle il a exposé la position de l’Iran sur les négociations avec les États-Unis et dressé un bilan des récents conflits. Il a commencé par retracer une longue histoire de ce qu’il présente comme du terrorisme et des complots contre la Révolution islamique, attribuant les troubles récents à une attaque « ouverte » conjointe des États-Unis et d’Israël, après leur échec dans une « guerre de douze jours » contre l’Iran (juin 2024). Selon lui, Israël avait même garanti aux Américains pouvoir renverser le régime iranien en trois jours, mais a subi une « défaite humiliante » et a dû demander un cessez-le-feu.
Moghadamfar affirme que l’échec de l’ennemi dans la « guerre dure » (militaire) l’a naturellement conduit à lancer une « guerre douce » (déstabilisation interne), une séquence que l’Iran aurait parfaitement anticipée. Il revendique la victoire de l’Iran sur cette « sédition » (allusion aux troubles intérieurs), neutralisée en 48 heures grâce à l’unité du peuple et à la puissance de l’État, infligeant ainsi une autre « lourde défaite » aux États-Unis.
Concernant les négociations, le conseiller du Sepah a réaffirmé que l’Iran est « favorable à la négociation », mais a posé des conditions claires. Il a fermement rejeté l’idée que la négociation soit synonyme de soumission à un diktat ou à des ordres unilatéraux. Il a rappelé la méfiance historique de Téhéran envers Washington, accusant les Américains de trahison lors de cycles de discussions précédents. Il a détaillé que les États-Unis avaient initialement posé quatre conditions inacceptables pour l’Iran (incluant les programmes de missiles, le soutien régional et les troubles internes), avant de se rabattre sur une discussion centrée uniquement sur le dossier nucléaire – ce que l’Iran a accepté.
Moghadamfar a souligné que, selon la perception iranienne, les États-Unis ne cherchent pas véritablement la négociation mais la reddition de l’Iran, après l’échec de leurs autres options. Il a insisté sur le fait que la volonté et les conditions de l’Iran doivent se refléter dans tous les aspects des pourparlers : le lieu (Mascate a été évoqué), le cadre et surtout les sujets abordés, qui doivent se limiter strictement au nucléaire. Il a conclu en mettant en garde contre toute tentative de faire dévier l’agenda, tandis que les options de l’Iran, y compris militaires, restent « multiples, étendues et prêtes ».