L’Iran prépare son propre « grand bond » vers la Lune avec des briques et des plantes lunaires

Des chercheurs iraniens ont annoncé une avancée significative dans le domaine de l’exploration spatiale en réussissant à simuler le sol lunaire (régolithe) et à produire les premiers matériaux de construction compatibles avec les conditions de la Lune. Ce projet, baptisé « Projet Lune », a été mené à l’Université des sciences et de l’industrie d’Iran en collaboration avec des entreprises à base de connaissances et des étudiants. L’objectif est de développer les capacités nécessaires pour une future présence humaine et industrielle sur la Lune, notamment pour la construction d’infrastructures, l’exploitation minière et l’agriculture spatiale.

Le directeur de l’Institut des systèmes satellitaires de l’Institut de recherche spatiale d’Iran, Mehdi Nasiri, a précisé que les matériaux de construction ont été fabriqués la semaine dernière et sont désormais disponibles. L’équipe a également réalisé des progrès dans la recherche sur la biologie spatiale, en cultivant avec succès des plantes sélectionnées pour leur adaptation aux conditions lunaires dans des dispositifs spéciaux. Leur système vise à créer un cycle d’oxygène en associant des plantes productrices et consommatrices de CO2, une solution potentielle pour le défi vital de l’approvisionnement en oxygène.

Cependant, les chercheurs mettent en garde contre le manque de soutien institutionnel. Ils réclament avec insistance la création d’un « Centre national de recherche lunaire », promis par les autorités spatiales et scientifiques mais pas encore établi. Un tel centre permettrait des tests ciblés et la simulation de conditions lunaires réelles pour avancer dans les domaines de la construction (via l’impression 3D), de l’exploitation minière (notamment pour l’hélium-3, une ressource énergétique potentiellement abondante sur la Lune) et de l’agriculture.

En réponse aux critiques qui questionnent la pertinence de tels projets face aux défis terrestres, Nasiri a défendu l’importance stratégique de ne pas négliger l’exploration spatiale. Il a souligné que les coûts actuels sont modestes, mais que l’inaction pourrait être irrattrapable dans un contexte de concurrence internationale intense, citant les objectifs de SpaceX pour 2026 et les programmes de pays comme l’Inde, la Chine, le Japon et la Russie. L’enjeu, selon lui, est de ne pas se laisser distancer dans la course aux ressources énergétiques futures de l’espace.

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