Un documentaire iranien rassemble des preuves historiques pour défendre l’authenticité du nom « Golfe Persique »

Le documentaire « Golfe Persique » réalisé par Ard Attarpour se présente comme une enquête historique visant à déconstruire les révisions géographiques modernes. L’argument central du film est que l’appellation « Golfe Persique » n’est pas une construction politique récente, mais une réalité historique ancrée depuis des millénaires, et que les tentatives de la modifier relèvent d’une réécriture infondée de l’histoire. Pour prouver cette continuité, le documentaire s’appuie sur une collection impressionnante de documents d’archives provenant de civilisations et de pays aux horizons culturels variés, contredisant ainsi les discours nationalistes arabes ou autres qui lui préfèrent des noms alternatifs.
Parmi les preuves les plus frappantes présentées dans le film figurent des cartes géographiques anciennes. Le documentaire expose des cartes en arabe, en grec, en portugais et en anglais qui, toutes, sans exception, désignent cette étendue d’eau par « Golfe Persique » (ou « Persian Gulf », « Sinus Persicus », « بحر فارس »). Le film souligne particulièrement l’autorité des cartes de l’antiquité, notamment celles de Ptolémée, considérées comme la source de la cartographie occidentale, où le nom apparaît déjà en grec ancien. Ces documents visuels sont présentés comme des preuves irréfutables que le nom est consubstantiel à la région.
Au-delà des cartes, le documentaire puise dans des sources textuelles variées. Il montre, par exemple, un télégramme officiel envoyé par le leader égyptien Gamal Abdel Nasser au gouvernement de Bahreïn, dans lequel il utilise le terme « Golfe Persique ». Il présente également des extraits de livres et d’atlas publiés en Irak, datant de plusieurs décennies, où la même appellation est utilisée. Le film va même jusqu’à exhumer des contrats pétroliers du XXe siècle, signés entre le cheikh d’Abou Dhabi et la compagnie pétrolière britannique D’Arcy, qui mentionnent explicitement le « Golfe Persique » comme repère géographique. Ces documents provenant de pays arabes et de puissances occidentales sont utilisés pour démontrer que l’usage de ce nom était universel et non contesté jusqu’à une époque récente.
Le documentaire prend également soin de contextualiser les défis contemporains à ce nom. Il mentionne les tentatives récurrentes de certains cercles politiques arabes pour promouvoir l’appellation « Golfe Arabique ». Il se moque également de l’acte symbolique mais très médiatisé de l’ancien président américain Donald Trump, qui avait un moment renommé la zone en « Gulf of Trump » (Golfe de Trump), un geste que le film qualifie de risible et dénué de toute légitimité historique. Ces exemples modernes sont mis en contraste avec la solidité des preuves historiques pour montrer la fragilité et le caractère artificiel de ces nouvelles appellations.
En conclusion, le film « Golfe Persique » ne se contente pas d’être un documentaire géographique ; il est présenté comme un acte de résistance culturelle et historique. En rassemblant ces preuves tangibles et en les rendant accessibles au public, les cinéastes cherchent à réaffirmer le lien indéfectible entre ce plan d’eau stratégique et l’identité iranienne (le nom venant de la province de « Fars », le cœur de la Perse). L’objectif est d’éduquer et de rappeler que l’histoire ne se décrète pas politiquement et que les traditions toponymiques les plus solides résistent aux modes et aux conflits géopolitiques. Le film invite ainsi les téléspectateurs à discerner le vrai du faux à travers une démonstration historique rigoureuse.