Témoignage exclusif d’un marin de la frégate Dena : « Nous ne sommes pas des survivants, mais des laissés-pour-compte du martyre »

Lors d’un rassemblement public à Ahvaz, Pouria Darvishi, marin de la frégate iranienne « Dena », a livré un témoignage poignant sur l’attaque américaine contre son navire dans l’océan Indien. Il a d’abord tenu à clarifier sa condition, rejetant l’étiquette de « survivant » : « On nous appelle des survivants ; nous ne sommes pas des survivants, nous sommes des laissés-pour-compte. Nous n’avions pas la chance du martyre. » Il a rappelé avec fierté que le Dena était la seule frégate construite localement à avoir fait le tour du monde en huit mois sans aucune assistance étrangère, au point que le monde entier la craignait, ce qui a conduit les Américains à la cibler délibérément.
Décrivant les circonstances de l’attaque, le marin a expliqué que son navire participait à un exercice naval international pour la paix et l’amitié en Inde lorsque l’équipage apprit que l’Iran était entré en guerre contre les États-Unis et que le Guide suprême était mort en martyr. Selon les règles des exercices internationaux, le Dena ne transportait que des armes légères, les armes lourdes (torpilles et missiles) étant interdites.
C’est sur le chemin du retour, à 3h20 du matin, que les Américains ont frappé. Un premier missile-torpille tiré depuis un sous-marin a touché la frégate, l’immobilisant. Puis une seconde torpille a été lancée, frappant « le cœur des enfants de l’équipage ». Les martyrs du Dena, a-t-il conclu, sont tombés injustement.