Téhéran à Tokyo : « C’est aux États-Unis de Regagner Notre Confiance pour Relancer la Diplomatie »

Au cours d’un échange téléphonique avec son homologue japonais, Toshimitsu Motegi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araqchi, a réaffirmé la position constante de l’Iran sur le dossier nucléaire. Il a déclaré que « ce sont les États-Unis qui doivent regagner la confiance de l’Iran pour revenir à la table de la diplomatie ». Cette déclaration résume la posture iranienne actuelle : Téhéran rejette la responsabilité de l’impasse sur Washington, estimant que ce sont les actions américaines (comme le retrait de l’accord de 2015 et les sanctions) qui ont sapé la confiance. En s’adressant au Japon, une puissance diplomatique respectée et historiquement médiatrice, l’Iran cherche à transmettre ce message à la communauté internationale et à souligner qu’il attend des gestes concrets des États-Unis, et non l’inverse.

Le ministre Araqchi a profité de l’occasion pour féliciter M. Motegi pour sa récente nomination et exprimer l’espoir de poursuivre les relations constructives et la coopération étroite entre l’Iran et le Japon. Cette référence au rôle positif passé du Japon et à son engagement pour la stabilité régionale n’est pas anodine. Elle constitue une invitation indirecte à Tokyo à jouer, si l’occasion se présente, un rôle de facilitateur ou de canal de communication, comme il l’a parfois fait par le passé. Le ministre japonais a répondu en réaffirmant l’engagement de son pays à jouer un rôle constructif pour la paix au Moyen-Orient et son soutien aux initiatives politiques et aux solutions diplomatiques, sans s’immiscer directement dans le contentieux nucléaire.

Au-delà du dossier stratégique, les deux ministres ont passé en revue les relations bilatérales, les questions consulaires et les sujets humanitaires, convenant de la nécessité de consultations régulières pour renforcer les liens traditionnels d’amitié entre les deux pays. Cet échange illustre la stratégie diplomatique de l’Iran qui consiste à maintenir un dialogue avec des acteurs internationaux non-alignés et influents comme le Japon, afin de prévenir son isolement, de projeter une image de raison et de garder ouverts des canaux de communication potentiellement utiles pour l’avenir.

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