Résilience pétrolière iranienne : un système à tolérance de panne

L’analyse des données pétrolières iraniennes montre que la production du pays a résisté à travers les années malgré les sanctions américaines et les allégations de blocus. Entre 2018 et 2026, la production est passée de 2,8 millions de barils par jour (2018) à 1,5 million (2020 après le retrait américain de l’accord nucléaire et les sanctions maximales), puis a chuté à 800 000 barils (2022) avant de rebondir à 1,6 million (2024) et d’atteindre 1,7 million (prévision 2026). Cette trajectoire en V démontre la résilience du secteur pétrolier iranien.
Le rebond le plus frappant a eu lieu en 2019, période où les sanctions étaient à leur paroxysme. L’Iran a également maintenu ses infrastructures de raffinage intactes entre 2019 et 2021, lorsque les prix du pétrole sont tombés à moins de 9 dollars en raison des sanctions et de la pandémie de Covid-19. Jamais le pays ne s’est soumis aux pressions.
Les analystes interprètent cette résilience comme celle d’un système à tolérance de panne : le pétrole n’est jamais tombé à zéro. Les ingénieurs iraniens ont accumulé une vaste expérience dans la gestion des chocs imposés à l’industrie, à savoir les sanctions, les effondrements de prix et les crises sanitaires. Le système pétrolier est donc très flexible, conçu pour se rétablir rapidement après chaque crise majeure.
Les États-Unis ont calculé que l’Iran pourrait succomber sous la pression avant que l’économie mondiale ne souffre davantage. Mais ces chiffres suggèrent le contraire. Le scénario d’un arrêt complet de la production est considéré comme peu probable. Ce qui est plus plausible, c’est une fluctuation contrôlée et une baisse temporaire similaire aux épisodes précédents.