Percée d’une jeune scientifique contre la résistance des cellules cancéreuses

La chercheuse turque Busse Javatmere, lauréate de la première Médaille du Jeune Scientifique décernée lors de la sixième édition du Prix Mustafa (PBUH), a dévoilé un mécanisme inédit expliquant comment les cellules cancéreuses parviennent à échapper à la chimiothérapie. Son travail explore la résistance médicamenteuse en se concentrant sur les modifications épigénétiques et les interactions avec le microenvironnement tumoral.

Son étude révèle que, face aux traitements, les cellules cancéreuses augmentent l’expression du gène ABCB1, responsable de la production d’une protéine expulsant les agents chimiothérapeutiques hors de la cellule, la rendant ainsi résistante aux médicaments. Javatmere et son équipe ont montré que cette régulation est contrôlée par la protéine BRPF, qui agit au niveau du promoteur génétique pour renforcer cette expression.

Pour valider ce mécanisme, elle a utilisé des approches de pointe : analyses transcriptomiques (RNA-seq), dosage de protéines (Western blot) et méthodologie ChIP-qPCR, qui permet d’identifier les zones précises du génome liées à la protéine BRPF.

Malgré ces avancées, ses tentatives de reproduction du phénomène sur modèles animaux (in vivo) ont échoué, les cellules résistantes ne parvenant pas à se maintenir dans le corps du souris.

Elle estime que le passage aux essais cliniques devra être précédé d’une validation chez l’animal. Selon elle, les inhibiteurs de BRPF pourraient devenir des outils prometteurs à condition que les patients présentent l’expression du gène ABCB1, ce qui ouvre la voie à une approche de médecine personnalisée.

Au-delà de ses recherches, la scientifique partage une vie passionnée entre science et art. Lauréate du concours de graphisme scientifique BioRender en 2020, elle évoque son goût pour le dessin, le design et la précision. Elle attribue son parcours de réussite à une famille solidaire et encourageante, soulignant l’importance du soutien émotionnel pour les scientifiques.

En visite en Iran pour recevoir sa médaille, Javatmere s’est dite impressionnée par la fondation scientifique Mustafa et souhaite développer dans le futur des travaux sur les biomarqueurs prédictifs afin de mieux cibler les traitements et améliorer la vie des patients.

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