L’Iran déploie son réseau spatial : nouvelles stations, images satellitaires et constellation IoT

Lors de la Journée nationale de la technologie spatiale, le directeur de l’Agence spatiale iranienne, Hassan Salarieh, a annoncé plusieurs avancées majeures. Tout d’abord, l’inauguration officielle de la station terrestre de Salmas dans le nord-ouest du pays. Cette station, cruciale pour la réception de données et le contrôle des satellites, améliore la couverture des passages orbitaux à l’ouest de l’Iran, augmentant ainsi le temps de contact avec les satellites et accélérant leur stabilisation en orbite. Une station complémentaire à Chenaran, dans l’est du pays, doit être inaugurée dans les semaines à venir, formant un réseau national amélioré.
Deuxièmement, Salarieh a dévoilé les premières images corrigées du satellite d’observation « Paya », lancé en janvier 2025 avec deux autres satellites (Kosar et Zafar). Paya a terminé ses tests en orbite et fournit désormais des images avec une résolution de 10 mètres en couleurs et 5 mètres en noir et blanc, pouvant être améliorée à moins de 3 mètres après traitement. Ces images ont des applications variées : agriculture, gestion des ressources en eau, surveillance environnementale, urbanisme et lutte contre la corruption (construction illégale, déforestation).
La troisième annonce concerne la présentation d’un prototype de la constellation « Shahid Soleimani ». Cette future constellation, dont le lancement doit commencer en 2026 (année iranienne 1405), est conçue pour fournir des services de communication NB-IoT (Internet des Objets à bande étroite). Composée à terme de 24 satellites en orbite basse (LEO), elle vise à collecter des données de capteurs dans des zones reculées, dépourvues d’infrastructures terrestres, comme les forêts, les terres agricoles ou les oléoducs. Elle servira également à la transmission de messages d’urgence lors de catastrophes naturelles (séismes, inondations). Salarieh a souligné que ce projet est évolutif, avec des phases prévues pour augmenter le nombre de satellites et améliorer les technologies.
Enfin, le directeur a fait le point sur d’autres projets d’infrastructure, notamment l’achèvement de la base spatiale de Chabahar sur la côte sud, qui attend son premier lancement pour une inauguration officielle. Il a également évoqué la poursuite du développement de satellites plus performants, y compris des satellites d’observation d’une précision d’un mètre et des satellites radar avancés.