L’Iran face au « piège stratégique » américain et à la résistance iranienne

Reza Ansari, membre du conseil scientifique du groupe d’études sur la révolution islamique du centre de recherche de la culture et de la pensée islamique, décrit la situation actuelle de la guerre entre l’Iran et les États-Unis/Israël comme un « dilemme stratégique sans plan de sortie » pour l’ennemi. Les États-Unis auraient prévu une guerre de courte durée, mais après trois semaines, le conflit s’est transformé en une guerre d’usure, échappant au contrôle politique américain. L’objectif initial de changement de régime en Iran a été abandonné, car le système politique a démontré sa résilience même sans son dirigeant.

L’analyse souligne que les estimations israéliennes concernant la capacité de missiles de l’Iran (2000 missiles offensifs) se sont avérées erronées, l’Iran ayant conservé une part significative de sa capacité d’attaque. La volonté du leadership iranien de poursuivre la guerre est claire, rendant le conflit coûteux pour les États-Unis. Contrairement à une hypothèse erronée de « politique de compromis » de la part de l’Iran, ce dernier a répondu à chaque agression, tout en gérant les tensions avec ses voisins arabes, une démarche interprétée à tort comme une victoire par le président américain.

La guerre est qualifiée d’asymétrique, où la puissance de feu n’est pas le facteur décisif, mais plutôt la capacité à imposer des coûts à l’adversaire. L’Iran cherche à rendre la poursuite de la guerre trop coûteuse pour l’ennemi, notamment par l’extension horizontale du conflit à l’échelle régionale. Malgré une augmentation attendue du volume de feu ennemi, cela ne produira pas de victoire et n’empêchera pas l’expansion régionale de la guerre. L’Iran, quant à lui, vise une non-défaite comme stratégie de victoire, cherchant à établir une dissuasion durable et acceptant même la possibilité d’attaques contre ses infrastructures pour éviter une vulnérabilité future.

L’article réfute également la perception d’une supériorité de la force aérienne américaine, rappelant qu’une occupation de l’Iran nécessiterait une force terrestre massive (environ 600 000 soldats), difficile à mobiliser. Les opérations militaires limitées, comme la capture d’îles, sont jugées impossibles actuellement en raison de l’indisponibilité des bases et des navires américains dans la région.

La fin de la guerre, selon l’analyse, ne sera pas atteinte par une simple « blessure » de l’une des parties, mais plutôt par une convergence des perceptions futures, une garantie extérieure crédible, un « choc majeur » (comme l’assassinat espéré du dirigeant iranien, qui n’a pas eu l’effet escompté), ou un changement de l’équilibre des pouvoirs.

Dans ce contexte, les pays du Golfe sont décrits comme préoccupés et cherchant à contenir la tension. Les États-Unis, ayant perdu la possibilité de victoire, se tournent vers une révolte interne en Iran et cherchent à neutraliser la capacité iranienne de fermer le détroit d’Hormuz. L’Iran, de son côté, cherche consciemment à modifier l’équilibre des pouvoirs avec une stratégie de dissuasion à long terme, affirmant que « pour vivre longtemps, il faut se battre ». Les objectifs stratégiques soulignés par l’Iran incluent la fermeture du détroit d’Hormuz, le maintien de l’étendue de la guerre et la nécessité de faire regretter l’agression à l’attaquant.

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