L’Iran Crée un Fonds National de 2 Milliards d’Euros pour Faire de l’IA une Priorité Stratégique

Le Parlement iranien a approuvé la création d’un Fonds national pour le développement de l’intelligence artificielle, dans le cadre de la loi-cadre sur l’IA. Ce fonds, placé sous l’égide de l’Organisation nationale d’intelligence artificielle, est doté d’un capital initial de 100 000 milliards de rials (environ 2 milliards d’euros), qui sera alloué via le budget de l’État sur trois ans. Cette mesure vise à structurer et renforcer massivement le financement de l’écosystème IA iranien, en lui donnant les moyens de ses ambitions. Pour garantir des ressources substantielles et pérennes, la loi impose également au Fonds d’innovation et de prospérité d’allouer au moins 25% de ses ressources annuelles au nouveau fonds dédié à l’IA, créant ainsi un important flux de financement secondaire.
Au-delà de l’injection de capitaux publics, la loi met en place un mécanisme de financement mixte ingénieux. Elle encourage les investissements privés en étendant les avantages de la « Loi sur la stimulation de la production basée sur la connaissance » (loi de 2021) aux projets d’infrastructure IA. Cela signifie que les investissements privés dans les centres de calcul, le développement d’algorithmes, les jeux de données et les laboratoires de référence seront considérés comme une contribution au capital du fonds national et bénéficieront des incitations prévues par cette loi phare. Parallèlement, le gouvernement est tenu de rediriger au moins 10% des revenus qu’il perçoit des opérateurs de télécommunications (provenant des licences et des parts de revenus) vers le fonds, afin de soutenir spécifiquement le développement des infrastructures de calcul critiques.
Cette loi représente une feuille de route financière complète et contraignante pour faire de l’IA une priorité absolue. Elle engage l’ensemble de l’appareil étatique en obligeant toutes les agences gouvernementales à budgétiser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de leurs obligations en matière d’IA. En combinant financement public dédié, recyclage des revenus des télécoms, incitations fortes pour le secteur privé et engagement budgétaire transversal de l’État, l’Iran se dote d’un dispositif financier ambitieux destiné à combler son retard et à positionner le pays comme un acteur significatif dans la course mondiale à l’intelligence artificielle.