« Iran éternel » : quand l’art et le patrimoine deviennent mémoire d’une nation

Forough Madadi, artiste spécialisée dans l’art de l’incrustation de miroirs et restauratrice, à propos de son œuvre intitulée « Iran éternel ». Elle décrit cette création comme une fusion de peinture sous verre et d’art traditionnel iranien de l’ornementation par miroirs. Cette pièce constitue la première partie d’une trilogie conçue au début du conflit récent, centrée sur le thème de l’Iran, les deux autres œuvres étant encore en cours d’élaboration.

Elle explique les aspects techniques de son travail : le drapeau iranien est réalisé selon la technique de la peinture sous verre, tandis que les éléments d’incrustation de miroirs sont façonnés en plâtre, avec un relief de huit millimètres, appliqués sur une surface vitrée et un support en bois. L’ensemble est ensuite intégré pour former une composition homogène.

L’artiste précise que sa motivation profonde repose sur l’idée que le sentiment d’appartenance et de patriotisme est enraciné chez tous les Iraniens. Elle affirme avoir créé cette œuvre en s’appuyant sur cette conviction et sur les principes esthétiques de l’art traditionnel. Pour elle, l’art constitue un moyen puissant pour exprimer des émotions collectives et porter un récit historique, en particulier dans des périodes de crise nationale.

Madadi évoque également les dommages causés au patrimoine culturel du pays à la suite du conflit récent. Elle cite notamment des dégradations sur des sites historiques majeurs tels que le palais du Golestan, inscrit au patrimoine mondial, dont certaines parties emblématiques — la salle des miroirs, la salle du trône de marbre, les fenêtres orsi ou encore les décors de miroirs — ont subi des détériorations significatives.

Elle souligne que, même si ces sites seront restaurés, la perte d’authenticité qui résulte d’un tel dommage est irréversible. Ces monuments, porteurs d’une identité historique, perdent une partie de leur valeur patrimoniale à chaque altération.

Enfin, elle appelle à un renforcement des mécanismes internationaux de protection du patrimoine, estimant que des organisations comme l’UNESCO devraient adopter des mesures plus contraignantes, y compris des mécanismes de compensation, pour prévenir de futures destructions. Selon elle, la préservation de l’héritage culturel de l’Iran dépasse le cadre national et constitue une responsabilité internationale.

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