Iran : Des hôpitaux qui deviennent des laboratoires pour soigner mieux et moins cher

Lors de la 26ème cérémonie du Festival de recherche Abu Rayhan Biruni à l’Université des Sciences Médicales Shahid Beheshti, les dirigeants universitaires ont exposé une vision stratégique visant à transformer la recherche médicale en un levier de résolution des problèmes concrets de santé publique. Le président de l’université, Mohammad Esmail Qeidari, a insisté sur le fait que la recherche doit servir à « résoudre des problèmes » et non à simplement augmenter les statistiques de publication. Il a critiqué les recherches purement théoriques et plaidé pour un accent sur les recherches appliquées et de développement qui s’attaquent aux défis nationaux, comme la réduction des coûts des soins de santé.

Pour concrétiser cette vision, Qeidari a annoncé une orientation majeure : la transformation des hôpitaux universitaires. L’objectif est de faire évoluer les hôpitaux actuels, à vocation principalement éducative et curative, vers des hôpitaux « éducatifs, de recherche et de traitement » intégrés. Il a proposé la création de vice-présidences à la recherche au sein des grands hôpitaux dotés de capacités de recherche. Cette intégration vise à ancrer la recherche dans le milieu clinique réel.

Le vice-président à la Recherche et à la Technologie, Afshin Zarqi, a complété ce tableau en présentant des données sur la performance de l’université. Il a souligné deux objectifs macro : améliorer la qualité de la recherche (pour monter dans les classements internationaux) et orienter la recherche vers des applications pratiques. Des progrès ont été notés : l’université a amélioré son rang dans les classements de Times Higher Education (passant dans la tranche 600-800) et de Shanghai, avec 32% de ses articles publiés en collaboration internationale. Il a également signalé une croissance impressionnante du nombre de sociétés de haute technologie (knowledge-based companies) hébergées, multiplié par 2,5 en cinq ans pour atteindre plus de 260 entreprises.

Cependant, des défis internes subsistent. Zarqi a révélé que parmi les 1549 membres du corps professoral, 55 sont « inactifs » en recherche (ayant publié zéro ou un seul article). Pour dynamiser l’écosystème, l’université met en place des mécanismes de soutien financier et moral pour les étudiants innovants. Un exemple concret de recherche appliquée a été cité : le développement par une société de haute technologie de l’université d’un appareil de mammographie portable conteneurisé, utilisant l’intelligence artificielle pour l’analyse, et destiné à fournir des services mobiles dans les régions défavorisées.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *