Écocide annoncé : alerte environnementale après les explosions près de Téhéran 

La présidente de l’Organisation iranienne de protection de l’environnement, Shina Ansari, a publié une note intitulée « Écocide dans une guerre injuste ». Dans ce texte, elle décrit les explosions ayant touché des réservoirs de pétrole dans les provinces de Téhéran et d’Alborz comme un exemple manifeste d’« écocide », c’est‑à‑dire une atteinte grave et volontaire à l’environnement. Ces explosions auraient provoqué une pollution atmosphérique importante et enveloppé la capitale d’un nuage de fumée, créant selon elle un risque pour les populations civiles exposées.

Ansari évoque ensuite des précédents historiques qu’elle associe à l’usage d’armes ou de méthodes ayant généré des dégradations environnementales. Elle mentionne notamment l’« agent orange » utilisé durant la guerre du Viêt Nam ainsi que l’emploi de munitions contenant de l’uranium appauvri ou du phosphore blanc signalé dans d’autres conflits. Selon son analyse, ces événements illustrent l’impact environnemental durable de certaines opérations militaires.

La responsable rappelle plusieurs textes juridiques internationaux portant sur la protection de l’environnement en situation de conflit armé, notamment l’article 55 du Protocole additionnel I de 1977 aux Conventions de Genève, qui exige la préservation de l’environnement naturel face aux dommages graves, étendus et durables. Elle cite également la Convention ENMOD de 1976, qui interdit l’usage militaire de modifications environnementales entraînant des effets majeurs.

Ansari souligne que les expériences passées dans la région montrent que les conséquences environnementales d’attaques contre des infrastructures pétrolières ou industrielles peuvent durer plusieurs années. Les effets mentionnés incluent des pollutions étendues, la destruction d’habitats naturels et des risques pour la biodiversité ainsi que pour la santé humaine.

Elle indique par ailleurs que, dans le contexte des tensions régionales récentes, l’Organisation iranienne de protection de l’environnement a adressé des lettres aux ministres de l’environnement des pays voisins, au secrétaire général des Nations unies et au Programme des Nations unies pour l’environnement afin d’alerter sur les risques environnementaux potentiels. Les messages adressés soulignaient que toute action militaire dans une zone comportant de nombreuses infrastructures énergétiques peut provoquer une situation dangereuse pour l’environnement et la sécurité régionale.

Enfin, il affirme que les mécanismes internationaux destinés à prévenir les dommages environnementaux en temps de guerre ne sont pas toujours appliqués de manière uniforme. Selon elle, certaines crises environnementales liées à des conflits reçoivent moins d’attention, ce qui peut conduire à ignorer les droits des populations touchées.

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