Coup dur pour l’héritage culturel : 140 sites meurtris par la guerre

Le directeur général des sites nationaux et mondiaux, en détaillant les dernières évaluations de terrain concernant les conséquences des récents événements de guerre sur le patrimoine culturel du pays, a qualifié Téhéran de principal foyer des dommages infligés au patrimoine culturel.
Farhad Azizi a confirmé que, selon les évaluations de terrain et les données documentées recueillies par les équipes spécialisées de surveillance, environ 140 monuments et sites historiques ont jusqu’à présent été inscrits sur la liste des biens endommagés.
En expliquant la nature et l’ampleur de ces dommages, il a ajouté que l’éventail des destructions s’étend des perturbations structurelles et des atteintes physiques importantes jusqu’à la destruction totale ou partielle de certains éléments architecturaux et de leurs décorations associées. Chacune de ces catégories requiert une intervention spécialisée adaptée au niveau de dégradation.
Le directeur général des sites nationaux et mondiaux, évoquant ensuite la répartition géographique des dommages, a déclaré que la province de Téhéran avait été identifiée comme l’épicentre des destructions ; environ 50 % des monuments endommagés s’y trouvent. De plus, plus de 80 % des estimations financières des pertes et du taux de dégradation physique concernent également Téhéran, ce qui renforce la nécessité d’un déploiement urgent, ciblé et renforcé des ressources, crédits et capacités opérationnelles dans cette région.
Azizi, soulignant les mesures préventives mises en place avant la crise, a expliqué que dans le cadre des protocoles de protection, un ensemble d’actions défensives et de mesures de sauvegarde d’urgence avait été mis en œuvre dans les musées et les sites sensibles. Parmi celles‑ci figuraient le transfert sécurisé des objets muséaux et le renforcement des dispositifs de protection des monuments de premier rang ; des actions qui ont joué un rôle déterminant dans la préservation du patrimoine mobilier et dans la prévention de pertes irréversibles.
Il a poursuivi en indiquant que, dès le début de la crise, des équipes d’intervention rapide avaient été déployées dans les sites et zones endommagés. Elles ont appliqué un cycle opérationnel en plusieurs étapes, comprenant une documentation précise, une évaluation technique et financière ainsi que des mesures d’urgence pour éliminer les risques. Ces actions ont permis d’empêcher l’aggravation des dégâts, l’apparition d’effondrements secondaires et toute menace pour la sécurité de l’environnement.
Le directeur général a ajouté qu’avec la fin de la phase de stabilisation d’urgence, le ministère du Patrimoine culturel était désormais entré dans une phase de planification stratégique. Cette nouvelle étape repose sur trois axes essentiels : assurer des sources de financement durables, renforcer la coordination interministérielle avec les organismes exécutifs et les entités de soutien, et concevoir des mécanismes standardisés pour engager des restaurations conformes aux règles de l’art.