Bâbâ Tâher : l’héritage mystique iranien sur la scène d’aujourd’hui

L’opéra « Bâbâ Tâher, la voix de la mystique » est la plus récente œuvre rituelle et théâtrale centrée sur la spiritualité iranienne, qui sera mise en scène à Hamadan.
À une époque où le monde de l’art est de nouveau en quête de sens, de racines et d’identité, l’opéra « Bâbâ Tâher » à Hamadan représente une tentative de recréer la voix de la mystique iranienne sous une forme nouvelle. Cette œuvre rituelle et théâtrale, réalisée à l’initiative de Ghader Shahsavari et mise en scène par Farhâd Lebâssi, est une fusion de la musique modale iranienne (musique des dastgâh), du drame historique et de la pensée sociale. C’est un espace où la justice, l’amour et la conscience prennent vie non seulement dans les poèmes du célèbre poète originaire de Hamadan, mais aussi à travers le flux de la musique et le mouvement scénique.
« Bâbâ Tâher », en tant qu’opéra enraciné dans la culture locale, cherche à offrir un visage humain au poète des do-baytîs (distiques) : un mystique partagé entre une quête spirituelle personnelle et une responsabilité collective, qui, face au pouvoir et à la violence, se réfugie dans la justice.
La représentation de cet opéra, prévue les 4 et 5 Dey 1404 (calendrier iranien) au complexe culturel et artistique Avicenne de Hamadan, offre au public l’occasion de vivre une expérience inédite à la croisée de la mystique, de la musique et du théâtre social.
L’opéra « Bâbâ Tâher », avec un regard nouveau sur les notions de pouvoir, de justice et de responsabilité sociale, s’efforce de relire et de présenter une image vivante et contemporaine de Bâbâ Tâher de Hamadan dans un cadre musical et dramatique.
Dans la partie théâtrale, le rôle de Bâbâ Tâher est interprété par Hamed Sâlemi, tandis que Behnâm Mirzâyi incarne le rôle du « Pir » (le guide spirituel), figure d’accompagnement et d’influence dans le parcours mystique de l’œuvre. Meysam Azizi, quant à lui, joue le rôle de Toghrul le Seldjoukide, symbole du pouvoir et de la politique.
L’objectif principal de la création de cet opéra ne se limite pas à la représentation d’un personnage historique, mais constitue une réflexion musicale sur la condition de l’être humain contemporain.
L’opéra « Bâbâ Tâher » est une tentative de rappeler que la mystique iranienne a toujours été étroitement liée à la justice, à la conscience et à la responsabilité sociale. La structure musicale de l’œuvre repose sur la musique des dastgâh iraniens et sur des atmosphères rituelles. L’utilisation du chant en direct et de pièces instrumentales crée un lien profond entre les thèmes mystiques et l’expression scénique. Chaque mode et chaque mélodie portent une signification particulière : des airs de prière aux rythmes du combat, en passant par des silences chargés de sens.
Le texte dramatique combine les authentiques do-baytîs de Bâbâ Tâher et des dialogues originaux, rédigés dans une langue noble et poétique. Toutefois, la mise en scène et la scénographie adoptent une expression résolument contemporaine. Le récit, au lieu de s’appuyer sur la guerre et l’épée, repose sur le dialogue, la justice et la connaissance, et sa conclusion, en choisissant la justice plutôt que la violence, met en lumière un message de paix et de conscience.