À Moscou, l’Iran vante sa force et dénonce la « loi de la jungle » américaine

Lors d’un discours à l’Université d’État des Relations Internationales de Moscou (MGIMO), le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a détaillé la nature approfondie de la coopération stratégique entre l’Iran et la Russie. Il a annoncé que les deux pays entretiennent des « consultations politiques étroites » à différents niveaux, des rencontres régulières et mènent d’importants projets économiques conjoints. Le ministre a cité en exemple le couloir de transport international Nord-Sud, présenté comme un axe vital pour connecter la Russie au golfe Persique et à l’océan Indien, et a confirmé que des négociations étaient en cours pour les phases suivantes de la centrale nucléaire de Bushehr, construite par la Russie.

Araghchi a longuement évoqué les récentes tensions régionales pour illustrer la philosophie de la politique étrangère iranienne : la résistance et la puissance militaire comme garants de la souveraineté. Il a affirmé que la riposte des forces armées iraniennes avait contraint « l’adversaire » (sans le nommer explicitement) à demander un « cessez-le-feu inconditionnel ». Selon lui, cette expérience démontre que dans l’ordre international actuel, les pays « n’ont d’autre choix que d’être forts ». Il a remercié la Russie, la Chine et d’autres pays pour leur soutien diplomatique pendant cette période, qualifiant ce soutien de « point historique » dans les relations irano-russes.

Le cœur de son discours était une critique virulente de la politique étrangère des États-Unis et de l’état actuel du système international. Il a accusé Washington de promouvoir une doctrine de « paix par la force », qu’il a assimilée à la « loi de la jungle », où le plus fort impose sa volonté. Il a dénoncé ce qu’il perçoit comme un abandon du droit international, citant comme preuves les attaques israéliennes dans la région (notamment à Gaza, qualifiée de génocide), le soutien américain à ces actions, et les attaques contre les installations nucléaires pacifiques iraniennes sous surveillance de l’AIEA. Il a soutenu que même la « façade juridique » des interventions passées avait disparu, laissant place à un usage explicite de la force, comme l’aurait démontré selon lui l’attaque contre l’Iran alors que des négociations étaient en cours, suivie d’une demande de « capitulation sans condition ».

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