Le jihad selon l’islam : la guerre n’existe pas, seule la défense de l’unité nationale

Lors d’une conférence intitulée « Le peuple de la résurrection (Ba’that) : une lecture juridico-politique » organisée par l’Institut des sciences et de la culture islamiques, l’érudit chiite Hojjat al-Islam Shamsollah Mariji a clarifié la distinction fondamentale en droit islamique entre « guerre », terme rare et conditionnel, et « défense ». Selon lui, le concept de « guerre d’agression » n’existe pas dans la jurisprudence islamique ; on ne parle que de « défense sacrée » lorsqu’il s’agit de protéger les valeurs révélées.
Mariji a expliqué que le jihad peut prendre deux formes : défensive (face à une attaque réelle) ou offensive (en cas de menace imminente contre les valeurs), cette dernière relevant de l’autorité des imams ou, selon certains juristes, d’un faqih (juriste) compétent. Face à l’agression ennemie – qu’elle soit physique, cognitive ou sous forme de guerre psychologique – la responsabilité se décline en trois niveaux : individuelle, collective et gouvernementale. Mais dans la sphère sociale, le devoir le plus crucial est l’unité et la cohésion nationale, toute forme de dissension étant interdite car elle permettrait à l’ennemi de s’infiltrer.
Citant un hadith de l’Imam Reza (8e imam chiite) selon lequel « ceux qui sèment la discorde entre les croyants subiront les pires châtiments, aussi bien ici-bas que dans l’au-delà », l’érudit a souligné que la préservation de l’intégrité nationale est le premier front de défense, plus important encore que le champ de bataille physique. La philosophie de la résurrection des prophètes (Ba’that) vise l’épanouissement des intelligences en éliminant les obstacles aux valeurs divines, ce qui nécessite avant tout une parole unifiée et une société cohésive.