Guerre en Iran : le prix du safran s’envole, la production du Cachemire s’effondre

La combinaison des tensions géopolitiques en Asie occidentale (en particulier la guerre contre l’Iran) et du changement climatique a gravement perturbé la chaîne d’approvisionnement mondiale du safran, entraînant une augmentation de 20 % de son prix. L’Iran, qui produit plus de 90 % du safran mondial, a vu ses exportations perturbées en raison de l’insécurité des routes de transport, notamment dans le détroit d’Ormuz, et de la décision du gouvernement iranien d’interdire les exportations de produits alimentaires et agricoles à partir du 3 mars.
La région du Cachemire, en Inde, est particulièrement touchée. Sa production locale de safran a chuté à environ 19,58 tonnes en 2024-2025, contre une production normale d’environ 20 tonnes, alors que la consommation annuelle de l’Inde est d’environ 100 tonnes. Le reste des besoins était auparavant couvert par les importations iraniennes, désormais bloquées. Le rapport souligne que le safran est un ingrédient essentiel de nombreux plats traditionnels cachemiris (Rogan Josh, Yakhni, Kahwa), et sa disparition menace l’identité culinaire de la région.
Paradoxalement, les commerçants locaux signalent qu’une partie importante du safran iranien importé était, après transformation, revendue sous l’appellation « safran du Cachemire », affaiblissant ainsi la marque locale. Le rapport dénonce également l’inefficacité des projets de soutien gouvernementaux indiens, comme la « Mission nationale du safran » lancée en 2010. De nombreux agriculteurs, découragés par la baisse de la rentabilité, convertissent leurs terres à la culture de pommiers, ce qui pourrait entraîner la disparition progressive des caractéristiques uniques du safran cachemiri.
Le rapport conclut que la crise actuelle met en lumière la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales de produits agricoles face à la fois aux évolutions géopolitiques et aux changements climatiques.