Plus de 100 milliards de dollars d’actifs iraniens dispersés dans le monde

Les avoirs iraniens bloqués à l’étranger sont estimés à environ 100 milliards de dollars. Bien que le montant exact ne soit pas officiellement confirmé, des sources iraniennes et plusieurs experts évaluent ces fonds à plus de 100 milliards, répartis dans différents pays et institutions financières.

Frederic Schneider, chercheur au Middle East Council on Global Affairs, explique que ces actifs représentent près de trois fois les revenus annuels de l’Iran issus de la vente d’hydrocarbures. Il souligne que ce montant est particulièrement important pour un pays soumis depuis plusieurs décennies à des sanctions menées par les États‑Unis. Schneider indique toutefois qu’il demeure incertain de savoir si Washington imposerait des conditions spécifiques à l’utilisation de ces fonds en cas de déblocage. Il ajoute que l’Iran a un besoin urgent de ces ressources, mais que des obstacles techniques et politiques compliquent les négociations.

Il rappelle également les déclarations de Jacob Lew, secrétaire au Trésor américain sous Barack Obama, qui en 2016 avait affirmé que même avec la levée des sanctions liées à l’accord nucléaire, l’Iran ne pourrait accéder qu’à une partie de ses fonds. Selon lui, une proportion importante de ces avoirs était déjà engagée pour des investissements prévus ou destinée au remboursement de dettes, réduisant la somme réellement disponible.

Les avoirs gelés de l’Iran sont disséminés dans un réseau financier international. D’après les estimations rapportées, la Chine détiendrait environ 20 milliards de dollars, l’Inde 7 milliards, l’Irak 6 milliards, les États‑Unis 2 milliards et le Japon environ 1,5 milliard. La dispersion de ces fonds dans plusieurs pays contribue à la complexité des démarches visant à leur récupération.

La restitution éventuelle de ces actifs offrirait à Téhéran une marge de manœuvre financière importante. Selon le rapport, ces ressources pourraient aider à stabiliser le marché des changes, limiter les chocs économiques et contribuer au financement de projets de reconstruction dans les zones affectées par les conflits.

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