Exportations pharmaceutiques iraniennes : un potentiel inexploité en Asie centrale face à une économie en suspens

Le président de la Chambre de commerce de Téhéran, Mahmoud Najafi Arab, a dressé un tableau préoccupant de la situation économique iranienne et de ses répercussions sur l’industrie pharmaceutique. Lors de la conférence de fin d’année du médicament, il a révélé que l’indice PMI (indice des directeurs d’achat) de l’Iran était tombé à 43,4 en janvier 2026, son plus bas niveau depuis sept mois, bien en dessous du seuil de neutralité de 50. Il a également noté une baisse inquiétante de l’emploi dans le secteur industriel.

Sur le marché des changes, Najafi Arab a souligné une augmentation de 138 % du taux de change en février 2026 par rapport à l’année précédente, attribuée au déficit commercial persistant et à la volatilité des exportations pétrolières. Il a également mentionné que la Banque centrale avait récemment signalé que 96 milliards d’euros de devises n’étaient pas rentrés dans le pays, entraînant des mesures coercitives contre les exportateurs et un choc supplémentaire sur le marché des changes.

Concernant spécifiquement l’industrie pharmaceutique, le responsable a déploré que malgré le niveau avancé des entreprises pharmaceutiques iraniennes, les exportations de médicaments ne dépassent pas 56 millions de dollars, un montant jugé « inacceptable ». Alors que près de 900 millions de dollars de devises sont alloués chaque année à la production locale de médicaments, le pays ne parvient pas à générer des recettes d’exportation comparables. Najafi Arab a identifié les pays d’Asie centrale comme un marché potentiel majeur, où la demande pour les médicaments iraniens est forte, appelant à améliorer les indicateurs d’exportation du secteur.

L’économiste Hossein Abdeh Tabrizi a qualifié la situation économique de l’Iran d’« économie en suspens », ni en paix ni en guerre totale, où la survie prime sur le développement. Dans ce contexte, l’industrie pharmaceutique est prise entre le contrôle des prix et la flambée des taux de change, avec un risque politique devenu plus important que le risque de marché. Il a souligné que le médicament n’est pas un bien ordinaire et que dans ce secteur, le consommateur n’est pas décideur, rendant la gestion de la résilience cruciale.

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