L’Iran vise les étoiles : Percée en bande Ku et projet de constellations satellitaires

Lors d’une cérémonie célébrant la Journée nationale de la technologie spatiale, le ministre iranien des Communications, Seyed Star Hashemi, a annoncé des avancées majeures pour le programme spatial du pays. Il a tout d’abord salué l’industrie spatiale comme un modèle exceptionnel de travail d’équipe dans un contexte culturel où l’individualisme est souvent un frein. Il a souligné que les succès actuels sont le fruit de cette collaboration et de la capacité à dépasser les egos.

Sur le plan technologique, le ministre a dressé un bilan en deux parties. Dans le domaine de l’observation (satellites de télédétection), il a déclaré que l’Iran était largement passé du stade du développement à celui de la stabilisation technologique, se félicitant de la qualité des images fournies par les satellites nationaux récents comme « Kosar » et « Paya ». Il a insisté sur l’utilisation cruciale de ces données pour des applications terrestres vitales : lutte contre la corruption, accaparement des terres, déforestation et gestion des ressources via le cadastre (kadastr), une priorité du Guide suprême.

La percée la plus significative annoncée concerne les télécommunications spatiales. Hashemi a révélé que l’Iran a, pour la première fois, maîtrisé la technologie des satellites de communication en bande Ku, grâce au projet de satellite « Nahid ». Ce succès est le résultat d’une synergie impliquant plus de 30 entreprises à base de connaissances (knowledge-based companies) autour de l’Institut de recherche spatiale.

Pour répondre aux besoins nationaux, le ministre a présenté une feuille de route ambitieuse. Il a rappelé l’obligation légale du 7ème plan de développement de connecter tous les villages de plus de 20 foyers. Alors que 80% sont déjà couverts par des infrastructures terrestres, les 20% restants, situés dans des zones reculées, nécessiteront impérativement des solutions spatiales. Cela crée un marché intérieur important pour l’industrie. La stratégie du gouvernement, marquée par un changement de paradigme sous l’impulsion du président Pezeshkian, consiste à adopter une perspective économique et commerciale pour l’espace, au-delà de la seule vision stratégique.

Pour atteindre une couverture stable et instantanée, l’Iran vise deux objectifs technologiques parallèles et complémentaires :

1. Développer des constellations de satellites en orbite basse (LEO) pour assurer une présence continue et des communications en temps réel.

2. Accéder à l’orbite géostationnaire (GEO) pour des satellites aux capacités étendues.

Le ministre a reconnu que le chemin serait long et a présenté une double approche pour y parvenir : intensifier les efforts internes des universités et des entreprises, et poursuivre une diplomatie technologique active pour établir des partenariats stratégiques avec des pays alignés, facilitant un transfert de technologie plus rapide. Il a conclu en annonçant le développement de nouvelles versions des satellites de la série « Pars » pour améliorer significativement la résolution des images d’observation l’année prochaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *