
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araqchi, a déclaré dans une interview au Financial Times que l’Iran maintient sa capacité à enrichir l’uranium et que tant que l’exigence de l’administration Trump de « zéro enrichissement » persistera, aucun accord ne pourra être conclu. Il a souligné que l’Iran exige des compensations pour les dommages subis lors de la guerre de 12 jours récente et souhaite que les États-Unis expliquent pourquoi ils ont attaqué l’Iran en pleine négociation. Washington doit également garantir que de telles agressions ne se reproduiront pas à l’avenir.
Araqchi a précisé qu’il avait échangé plusieurs messages avec l’émissaire américain Steve Witkoff pendant et après le conflit, insistant sur la nécessité d’un accord « gagnant-gagnant » pour résoudre la crise nucléaire iranienne. Bien que le chemin des négociations soit étroit, il n’est pas impossible, mais requiert des actions concrètes de confiance incluant des compensations financières et des garanties de non-agression durant les pourparlers.
Le ministre a rappelé que la récente attaque a démontré que l’approche militaire envers le programme nucléaire iranien n’est pas viable, tandis qu’une solution diplomatique est possible. Il a confirmé que la République islamique reste attachée à un programme nucléaire pacifique, conformément à la doctrine de l’Ayatollah Ali Khamenei, qui interdit le développement d’armes nucléaires.
Il a également évoqué la méfiance grandissante envers Donald Trump, qui a annulé en 2018 l’accord nucléaire de 2015, ce qui a exacerbé la défiance iranienne. Enfin, il a souligné que les infrastructures détruites peuvent être reconstruites grâce à la disponibilité technologique et aux compétences nationales, mais que la reprise de l’enrichissement dépendra des conditions politiques. La négociation reste ouverte à condition que les demandes américaines ne passent pas par une exigence de suppression totale de l’enrichissement.