Avec le lancement de la production en série du train national de métro et la mise en service de deux nouveaux rames sur les lignes de métro de Téhéran, l’industrie du transport ferroviaire iranienne entre dans une étape cruciale d’autosuffisance. Ce jalon important promet de diminuer la dépendance aux importations et de répondre en partie aux besoins urgents d’un parc ferroviaire vieillissant.

Face aux défis majeurs de circulation, de pollution atmosphérique et d’obsolescence du matériel dans une métropole comme Téhéran, le projet du train national de métro constitue une avancée clé pour atteindre des objectifs de développement urbain durable. Il contribue non seulement à moderniser les infrastructures de transport, mais aussi à renforcer l’industrie locale grâce à une forte composante de fabrication nationale.

Ce projet a été lancé en vertu de l’article 54 de la sixième loi de développement, suite à un contrat signé en 2019 entre le vice-président chargé de la Science et de la Technologie et la mairie de Téhéran. L’objectif principal était la conception et la fabrication locale du train de métro, un objectif désormais partiellement réalisé avec plus de 85% des composants fabriqués sur place.

Le contrat prévoit la fabrication de 113 voitures, réparties en 15 rames de sept voitures et une rame de huit voitures. La certification officielle du train a été obtenue en novembre 2023. Après conception, assemblage et tests, la première rame nationale est entrée en service fin mars 2024 sur la ligne Shahid–Parand, longue de 50 km, servant de terrain d’essai pour la qualité et la fiabilité du matériel.

Les résultats techniques sont impressionnants puisqu’il s’agit de la première fois que l’Iran conçoit et assemble intégralement un train de métro. Plus de 85% des pièces principales, telles que bogies, carrosserie, système de ventilation, freins et tableaux électriques, sont désormais produites localement. Cette localisation a permis de réduire les coûts de production d’environ 20% par wagon et d’accélérer la fourniture des pièces détachées.

Selon Masoud Dorosti, ancien directeur général des chemins de fer urbains de Téhéran, ce développement a permis d’économiser environ 8 millions de dollars en devises, un chiffre qui devrait croître avec l’intensification de la production.

Sur le plan social et environnemental, l’extension de la flotte de métro est cruciale pour réduire significativement les embouteillages, la pollution de l’air, la consommation des énergies fossiles, tout en favorisant une mobilité durable et équitable pour tous les citoyens.

Le prototype national a bénéficié d’un suivi minutieux par des experts et opérateurs en service afin de recueillir les retours d’expérience et d’apporter des améliorations continues. Ce processus interactif a facilité la production de rames parfaitement adaptées aux infrastructures iraniennes, avec un standard de qualité capable de rivaliser sur le plan international.

Depuis le début de la production en série l’an dernier, trois rames ont déjà été fabriquées, dont deux sont prêtes à être mises en service d’ici fin septembre, avec une troisième en phase finale d’assemblage.

Ce projet symbolise la réussite d’une synergie entre industrie, universités, gouvernement et autorités locales. Il illustre la voie vers une indépendance technologique dans le secteur du transport ferroviaire, pouvant servir de modèle à d’autres filières technologiques complexes.

Toutefois, la flotte actuelle du métro de Téhéran est fortement vieillissante et les experts estiment qu’au moins 1 500 nouvelles voitures seront nécessaires pour répondre à la demande croissante et assurer un service de qualité.

Ainsi, la production locale de trains est un pas décisif vers l’autosuffisance industrielle en Iran, capable de soutenir la modernisation du réseau ferroviaire urbain et d’améliorer la qualité de vie de millions de citoyens tout en contribuant au développement économique durable.

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