Tourisme iranien : le grand virage vers 4 millions de visiteurs chinois

Lors d’une réunion avec les hôteliers iraniens, le ministre du Patrimoine culturel, du Tourisme et de l’Artisanat, Seyed Reza Salehi Amiri, a dévoilé une stratégie agressive pour relancer le secteur touristique, visant notamment le marché chinois. Le ministre a annoncé un objectif chiffré ambitieux : attirer 4 millions de touristes chinois. Cette annonce s’appuie sur un accord préalable avec son homologue chinois et un constat : la Chine génère 160 millions de touristes sortants par an, mais seulement 57 000 ont visité l’Iran récemment. Le ministre estime que l’Iran pourrait capturer au moins 2% de ce flux, soit plusieurs millions de visiteurs, en s’inspirant de la Turquie qui capte déjà 10% du marché chinois.
Au-delà de la Chine, le ministre a détaillé une diplomatie touristique très active avec plusieurs pays clés. Il a mentionné des négociations avancées avec l’Indonésie (180 millions d’habitants) autour du tourisme islamique et halal, incluant la restauration du tombeau de l’érudit persan Al-Ghazali. Les discussions avec l’Irak visent à équilibrer les flux, avec un objectif de 6,5 millions de touristes irakiens entrant en Iran et un développement du tourisme iranien au-delà des villes saintes. Des progrès sont également évoqués avec la Grèce, qui pourrait devenir le premier pays européen à lever les restrictions de voyage vers l’Iran, ainsi qu’avec la Turquie pour augmenter le nombre de touristes turcs (actuellement moins d’un million) et encourager des investissements hôteliers turcs en Iran. La Russie, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et l’Azerbaïdjan sont également cités comme des marchés prioritaires.
Le ministre a affirmé que les indicateurs commençaient à devenir positifs après une période difficile, avec une augmentation de 10,6% des arrivées en Aban (octobre-novembre) et de 11,9% en Azar (novembre-décembre). Cependant, il a identifié le cœur du problème : selon lui, tous les obstacles au tourisme iranien ont une « racine politique ». Il affirme que des « pas sérieux » ont été faits pour les surmonter et que les relations avec les voisins se sont « beaucoup améliorées » au cours des trois derniers mois. Il a appelé les hôteliers et les agences de voyage à se préparer à accueillir ce flux attendu, promettant le soutien de l’État, tout en reconnaissant les défis persistants comme le besoin de rénovation des hôtels soulevé par l’association des hôteliers.