Tabriz contre Téhéran ? La bataille pour une date révolutionnaire

Plusieurs dizaines de poètes et d’écrivains de Tabriz ont adressé une lettre ouverte au ministre iranien de la Culture et de l’Orientation islamique (Ershad) pour dénoncer le blocage de la reconnaissance officielle du 29 Bahman (environ 18 février) comme « Journée nationale de Tabriz ». Cette date commémore un soulèvement historique de la population de Tabriz contre le régime du Shah le 29 Bahman 1356 (1978), un événement décrit par les signataires comme ayant changé le cours de l’histoire de l’Iran et accéléré la propagation de la Révolution.

Les intellectuels rappellent que cette proposition, soutenue par des recherches historiques et les déclarations des leaders de la Révolution, a été approuvée en octobre 2023 par le Conseil de la Culture générale de la province d’Azerbaïdjan oriental. Cependant, l’administration provinciale du ministère de la Culture n’a jamais transmis cette résolution au Conseil de la Culture générale national à Téhéran pour ratification finale, un acte qualifié d’« illégal » par les signataires.

La lettre contient de vives critiques contre la gestion culturelle de la province. Les auteurs accusent l’administration locale d’Ershad d’avoir un « regard factionnel, politique et ethnique » plutôt qu’une vision nationale, entraînant une marginalisation délibérée de cette journée historique. Ils l’accusent également de saper la culture et l’identité nationale par des actions telles que la promotion de spectacles mettant en scène des personnages « non-iraniens » (comme le héros folklorique « Koroghlu », présenté comme un bandit et ivrogne) avec des danses et des chants publics de femmes, qu’ils considèrent comme une forme de « tribalisme ethnique » nuisible à l’unité nationale et aux valeurs religieuses.

Face à cette situation, les poètes et écrivains formulent trois demandes claires au ministre : 1) Activer la procédure d’approbation nationale du 29 Bahman via le secrétariat du Conseil provincial, 2) Opérer un changement d’orientation vers des politiques culturelles « nationales et religieuses » consolidant l’identité et l’unité nationale, et 3) Remplacer la direction de l’administration provinciale de la Culture par une personnalité culturelle compétente. Ils appellent également le représentant du Guide suprême dans la province, en sa qualité de président du Conseil culturel provincial, à intervenir pour permettre cette reconnaissance historique.

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