Shadegan, entre oasis touristique et mirage hydrique

Le gouverneur du comté de Shadegan (dans la province du Khouzistan, en Iran), Ahmad Moqaddam, a dressé un tableau contrasté du potentiel touristique et des défis de cette région. Il a souligné l’absence d’infrastructures hôtelières permanentes, au point que Shadegan est connue comme une « ville sans hébergement ». Cela est dû à des contraintes environnementales strictes interdisant les structures permanentes dans la zone du parc national et des marais, ne permettant que des constructions locales et temporaires. L’accès à l’électricité et à internet est donc limité. Malgré cela, l’écotourisme est actif grâce à la grande hospitalité des habitants, qui proposent spontanément leur propre maison aux visiteurs.

Face à la croissance touristique, les autorités ont reconnu la nécessité de construire un hôtel ou une auberge. Un investisseur est sur le point d’être trouvé pour ce projet. Parallèlement, des complexes d’écotourisme sont en construction dans les villages, certains étant isolés en raison de leur localisation dans la zone humide, mais ils devraient ouvrir bientôt. Les principales attractions incluent les marais internationaux, les fleuves Karun et Jarahi, et une « île touristique » récemment aménagée. La région bénéficie d’une position géographique stratégique entre deux autoroutes majeures et dispose de 55 km de côtes sur le golfe Persique, avec des projets de construction d’une marina touristique.

Au-delà du tourisme, Shadegan est reconnue comme « ville nationale de la vannerie » avec des ateliers d’artisanat dont les produits sont exportés. Le village de Sarakhieh est inscrit au patrimoine national et candidat pour une inscription à l’UNESCO. Cependant, le développement est entravé par d’énormes problèmes infrastructurels, notamment une pénurie critique d’eau douce. Bien que située entre deux grands fleuves, la surexploitation en amont prive la région d’eau, menaçant l’agriculture et les palmeraies. Des lâchers d’eau d’urgence cet été n’ont permis que de maintenir les palmiers en vie, affectant gravement la production et la qualité des dattes.

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