L’Iran lance Payam, un œil spatial haute précision « made in Iran »

Le satellite Payam (Tolou-3), développé et construit par la Société des Industries Électroniques d’Iran (SAIran) pour le compte de l’Organisation Spatiale Iranienne, représente une avancée significative dans le programme spatial national. Avec une masse d’environ 150 kilogrammes et des dimensions d’environ 1,2 m x 1 m x 1 m, il est classifié comme un mini-satellite et constitue le satellite indigène le plus lourd jamais intégré dans un processus de lancement par l’Iran, marquant un saut capacitaire par rapport aux précédents nano et microsatellites.
La principale mission de Payam est l’imagerie optique terrestre. Il est équipé de deux capteurs : l’un pour des images panchromatiques (noir et blanc) avec une résolution de 5 mètres, et l’autre pour des images couleur avec une résolution de 10 mètres. Une innovation clé réside dans l’utilisation d’algorithmes de traitement d’image basés sur l’intelligence artificielle (IA), qui permettent d’améliorer la précision effective des images à 3 mètres. De plus, c’est la première fois en Iran qu’une technologie d’imagerie à miroir est employée, ce qui confère à Payam le statut de satellite d’observation indigène le plus avancé à ce jour.
Les performances opérationnelles sont présentées comme supérieures à celles des satellites iraniens précédents en termes de qualité d’image, de durée et de largeur de couverture de la zone imagée, et de taux de transmission des données vers la Terre. Comme le satellite Chamran 1 avant lui, Payam est équipé d’un sous-système de propulsion spatiale, lui conférant une capacité de manœuvre et de correction d’orbite. Cette caractéristique, essentielle pour un satellite opérationnel, lui garantit également une durée de vie orbitale minimale de trois ans.
Le projet se distingue par son haut degré d’indépendance technologique, avec plus de 80 % des équipements et sous-systèmes développés localement, faisant appel aux capacités du secteur privé et des entreprises de haute technologie iraniennes. Enfin, les technologies maîtrisées durant sa construction sont présentées comme contribuant à l’établissement d’une plateforme satellitaire commune et hautement fiable, qui servira de base pour le développement de futurs satellites d’observation encore plus précis.