L’Iran invite les géants russes à investir dans son ambition de devenir « hub alimentaire » régional

Lors d’une réunion à Moscou avec les dirigeants des plus grandes entreprises agroalimentaires russes, le ministre iranien de l’Agriculture, Gholamreza Nouri Ghazaljeh, a détaillé la vision de Téhéran : faire de l’Iran un « hub alimentaire » pour toute la région. Cette ambition s’appuie sur le récent traité stratégique global signé entre les présidents iranien et russe, qui a ouvert une nouvelle phase de coopération. Le ministre a souligné que le secteur agricole et alimentaire représente déjà les deux tiers du commerce actuel entre les deux pays, montrant sa centralité dans la relation bilatérale. L’Iran se positionne comme un partenaire privilégié pour répondre aux besoins russes avec une « qualité souhaitée », tandis que Moscou est explicitement désignée comme « prioritaire » pour approvisionner l’Iran en céréales, huiles et intrants agricoles.

Pour concrétiser cette vision, l’Iran propose un modèle économique attrayant aux investisseurs russes : l’utilisation de capacités de transformation iraniennes sous-utilisées. Le ministre a révélé qu’une partie significative des capacités des unités de transformation des céréales, des huileries et des usines d’aliments pour bétail est actuellement inexploitée. La nouvelle politique du gouvernement est de réactiver ces installations. L’offre est claire : les entreprises russes sont invitées à importer leurs matières premières (céréales russes) en Iran pour les transformer localement, puis à réexporter les produits finis vers les pays tiers demandeurs de la région (voisins et Afrique), en profitant de la position logistique de l’Iran.

Le ministre et l’ambassadeur d’Iran en Russie, Kazem Jalali, ont insisté sur les opportunités logistiques et de transit uniques offertes par l’Iran. Ils ont évoqué la mise à disposition de terrains et de terminaux dans les ports iraniens pour les entreprises russes, leur permettant de capter une part plus importante du commerce non seulement avec l’Iran, mais aussi avec les autres pays de la région via les corridors iraniens. En présentant le traité stratégique comme un « manifeste » pour la coopération et en assurant qu’« aucun obstacle majeur » n’entrave les échanges, les officiels iraniens ont déroulé un tapis rouge aux investisseurs russes, leur promettant des conditions « plus fluides et plus simples » et une part du marché iranien et de ses réexportations à celui qui agira le plus rapidement.

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