
Abbas Araqchi, ministre des Affaires étrangères de l’Iran, a adressé une lettre ferme à Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l’Union européenne (UE) et coordinatrice de la commission conjointe du Plan d’action global conjoint (JCPOA). Dans ce courrier, il dénonce les interprétations sélectives et les omissions répétées par l’UE concernant le respect des engagements pris dans le cadre de l’accord nucléaire iranien.
Araqchi rappelle que l’UE, ainsi que la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, ont fait preuve d’un manquement chronique à leurs obligations, mettant en péril la mise en œuvre effective du JCPOA et la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU. Il souligne que ces pays n’ont ni légitimité juridique ni droit d’activer le mécanisme de règlement des différends, position soutenue également par la Russie et la Chine qui ont exprimé leur opposition lors de communications officielles au Conseil de sécurité.
Le ministre iranien souligne en outre que l’Iran a été le premier à activer ce mécanisme en réaction au retrait américain unilatéral et au manquement de l’UE à compenser les conséquences économiques de cette sortie. Il rappelle que cette démarche d’Iran, engagée dès 2018, a donné lieu à plusieurs réunions politisées qui ont pleinement usé de ce mécanisme de règlement.
Araqchi critique vivement la posture de l’UE qui prétend respecter ses engagements alors qu’elle a imposé de nouvelles sanctions, notamment contre les secteurs du transport maritime et aérien iraniens. Le coordinateur européen est également reproché de ne pas avoir condamné fermement les attaques illégales ciblant les installations nucléaires iraniennes, soutenues par les États-Unis et Israël.
Enfin, il rejette la demande européenne d’un « programme nucléaire iranien abouti » qui va à l’encontre des fondements mêmes du JCPOA, mettant en cause la neutralité et l’impartialité de l’UE dans son rôle de facilitateur diplomatique. Araqchi appelle donc à cesser ces interprétations partiales pour favoriser une diplomatie authentique et à respecter le multilatéralisme. L’Iran se déclare prêt à reprendre les négociations en vue d’une solution juste et équilibrée, à condition que les autres parties fassent preuve de sérieux et évitent tout acte affaiblissant les chances de succès.