L’héritage immortel de Dehkhoda : un trésor pour l’Iran et la langue persane

Soixante-dix ans se sont écoulés depuis la disparition d’Ali Akbar Dehkhoda. Il est décédé le 26 février 1956 (7 Esfand 1334 du calendrier iranien), à l’âge de 77 ans, après une longue maladie.
Ali-Akbar Dehkhoda était un éminent homme de lettres iranien, lexicographe, homme politique et poète. Il est le fondateur et l’auteur du célèbre Dictionnaire Dehkhoda, l’une des œuvres lexicographiques les plus importantes de la langue persane.
Il est considéré comme l’une des figures majeures de la culture et de la littérature persanes contemporaines, et souvent comme le père de la lexicographie moderne en Iran. Parmi ses œuvres les plus connues figure Proverbes et maximes, publié en quatre volumes.
Il a réalisé également la traduction de deux ouvrages de Montesquieu, qui n’ont toutefois jamais été publiés. Dehkhoda a composé en outre un dictionnaire français-persan comprenant du vocabulaire scientifique, historique, littéraire, géographique et médical, resté lui aussi inédit.
Parmi ses autres écrits figurent une biographie d’Abu Rayhan Biruni ainsi que des travaux d’édition critique consacrés aux recueils de grands poètes persans.
Dehkhoda a écrit des poèmes dans les formes classiques de la poésie persane, notamment le masnavi, le ghazal, le musammat, le qet‘eh, le do-bayti et le rubaï. L’une des caractéristiques marquantes de sa poésie est un humour satirique, souvent acerbe, associé à une grande profondeur d’analyse.
Par ailleurs, grâce au style particulier qu’il a développé dans ses articles critiques publiés sous le titre « Charand o Parand » dans la revue satirique Sour-e Esrafil, il a contribué à créer un modèle original de prose satirique et engagée en persan. Un aspect essentiel de la satire de Dehkhoda est sa profonde sympathie pour les gens modestes et les classes populaires, dont il défendait la cause avec sincérité et sensibilité.