
La nationalisation de l’industrie pétrolière en Iran, survenue le 20 mars 1951 (29 ESFAND 1329), a été un événement charnière de l’histoire du pays. Ce mouvement a été dirigé par le Dr Mohammad Mosaddegh, qui a joué un rôle crucial dans le processus de nationalisation. Le voyage vers la nationalisation a commencé beaucoup plus tôt, avec la première concession pétrolière accordée à William Knox D’Arcy en 1901. Ce contrat a permis à D’Arcy d’explorer et d’exploiter les ressources pétrolières à travers l’Iran pendant 60 ans, avec un minimum d’avantages pour le gouvernement iranien.
La concession D’Arcy a été largement critiquée comme l’un des contrats les plus exploitants de l’histoire, conduisant à un ressentiment croissant parmi les Iraniens. La découverte du pétrole en 1908 et la création ultérieure de la Anglo-Persian Oil Company (APOC) ont encore intensifié ces sentiments. Pendant la révolution constitutionnelle, de nombreux Iraniens ont commencé à remettre en question l’équité de ces accords, préparant la voie à une résistance future.
Dr Mosaddegh, une figure clé du front national, a défendu la cause de nationaliser l’industrie pétrolière iranienne. Ses efforts ont abouti à la loi sur la nationalisation, qui a été adoptée par le Parlement iranien le 20 mars 1951. Cette loi a effectivement transféré le contrôle de l’industrie pétrolière des entreprises étrangères au gouvernement iranien, marquant une victoire importante pour la souveraineté iranienne.
La nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne a rencontré une forte opposition de la Grande-Bretagne et de ses alliés. Le gouvernement britannique, soutenu par les États-Unis, a imposé des sanctions économiques à l’Iran et a finalement orchestré un coup d’État en 1953, ce qui a conduit au renversement de Mosaddegh et à la réintégration du contrôle étranger sur le pétrole de l’Iran. Malgré ces défis, le mouvement de nationalisation reste un symbole de la résistance iranienne contre la domination étrangère et une étape importante dans la lutte du pays pour l’indépendance économique.
La nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne a eu des impacts profonds sur le paysage politique et économique du pays. Il a renforcé la fierté nationale et l’autonomie, créant un précédent pour les futures affirmations de souveraineté. Le mouvement a également souligné la complexité des relations de l’Iran avec les puissances occidentales, influençant sa politique étrangère et ses stratégies économiques pour les décennies à venir. Aujourd’hui, l’Iran continue de gérer ses ressources pétrolières indépendamment, reflétant l’héritage durable de cet événement pivot.