Iran-Japon : un pacte économique pour durer, des anime au post-sanctions

Une étape importante dans les relations économiques entre l’Iran et le Japon a été franchie avec la signature d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding – MoU) entre la Chambre de Commerce de Téhéran et l’Organisation Japonaise du Commerce Extérieur (JETRO). Cette cérémonie de signature s’est déroulée en présence de hauts responsables des deux pays, notamment le président de la Chambre de Téhéran, l’ambassadeur du Japon en Iran et le vice-ministre iranien de la Diplomatie économique. Le message central de l’événement était double : maintenir et renforcer la coopération économique malgré le contexte de sanctions actuelles, tout en préparant activement les infrastructures pour une expansion significative des relations dans une éventuelle période « post-sanctions ».
Les engagements concrets de l’accord incluent la facilitation de missions commerciales réciproques, l’organisation de formations conjointes et la tenue d’événements de mise en relation d’affaires (B2B matchmaking). Les dirigeants japonais ont salué la continuité de la présence des entreprises japonaises sur le marché iranien malgré les pressions et ont présenté cet accord comme un mécanisme pour consolider ce partenariat. L’ambassadeur du Japon, Tamaki Tsukada, a également annoncé la « relance de la section économique de l’ambassade du Japon à Téhéran », un signal politique fort. Du côté iranien, les officiels ont encouragé les entreprises japonaises à profiter des opportunités actuelles pour sécuriser leur place dans le marché iranien futur, affirmant que les partenaires « loyaux » d’aujourd’hui seraient privilégiés demain.
Les discussions ont également exploré des domaines de coopération novateurs et moins sensibles aux sanctions. Des propositions concrètes ont été faites, comme la création d’une plateforme éducative pour les sports électroniques (e-sports) et une coopération dans la production de films d’animation (anime), visant à connecter les spécialistes des technologies des deux pays. Dans le domaine de l’environnement, la revitalisation des études sur la pollution de l’air (auparavant soutenues par l’Agence Japonaise de Coopération Internationale – JICA) et une collaboration sur la réduction des gaz à effet de serre et les certificats carbone ont été évoquées. Les secteurs considérés comme « à l’abri des sanctions » et prioritaires pour une coopération immédiate ont également été identifiés : la pharmacie, la santé, l’éducation, l’agroalimentaire et les technologies.