Iran-Inde : pour en finir avec le commerce des matières premières brutes

Un haut responsable de l’Organisation pour le Développement du Commerce d’Iran, Abdolsadeh Nisi, a dressé un bilan critique mais constructif des relations commerciales entre l’Iran et l’Inde. Bien qu’il estime que la situation générale n’est « pas mauvaise », il la juge « inacceptable » et insiste sur la nécessité impérieuse de la renforcer. Il déplore que l’énorme potentiel du marché indien reste largement sous-exploité par l’Iran.

Le diagnostic de Nisi pointe plusieurs faiblesses structurelles dans les exportations iraniennes vers l’Inde. Dans l’agriculture, les exportations se limitent à quelques produits bruts, sans valeur ajoutée par la transformation. Le secteur minier souffre du même problème, exportant principalement des produits en vrac (pierres, clinker) au lieu de produits transformés. Dans l’industrie, la présence iranienne est faible dans la construction et quasi-inexistante dans les pièces automobiles, un secteur pourtant robuste en Iran. Le secteur de la haute technologie est également identifié comme un point d’entrée négligé. La conséquence est une valeur moyenne à l’exportation très basse d’environ 300 dollars par tonne, signe d’une économie basée sur la vente de matières premières non transformées.

La solution proposée par Nisi est un changement de paradigme stratégique : il faut passer d’une logique de simple commerce à une approche fondée sur l’investissement dans des productions destinées à l’exportation. Cela obligerait les entreprises iraniennes à s’internationaliser et à améliorer la qualité de leurs produits, bénéficiant in fine au marché intérieur. Il souligne le rôle clé du secteur privé, que l’État devrait soutenir, et reconnaît l’impact des sanctions sans pour autant les considérer comme un obstacle absolu.

Sur le plan diplomatique, Nisi révèle que les négociations pour un accord commercial préférentiel avec l’Inde, menées entre 2019 et 2021, ont abouti à un texte mais n’ont pas été finalisées. L’Inde ayant depuis changé de politique pour privilégier les accords de libre-échange complets, cette voie semble bloquée. Un outil important, le groupe de travail commercial mixte, n’a pas tenu de session depuis 2015-2016, bien que l’Inde se dise ouverte à une quatrième réunion. Pour relancer les échanges, Nisi propose des mesures concrètes : établir une ligne maritime commune entre les ports de Mundra (Inde) et Chabahar (Iran), organiser des présentations de pavillons spécialisés dans les foires commerciales et intensifier les échanges de délégations d’affaires.

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