En Iran, des déchets industriels deviennent des sculptures pour éveiller les consciences écologiques

Dans un contexte où les déchets industriels et ménagers constituent un défi environnemental majeur, l’art durable émerge en Iran comme un mouvement créatif et responsable. Cette approche artistique, qui repose sur la réutilisation de matériaux recyclés, transforme des objets considérés comme sans valeur en œuvres d’art uniques, tout en portant un message de sensibilisation écologique auprès du public. Les sculptures réalisées à partir de métaux de récupération, d’engrenages usagés et de pièces automobiles recyclées ornent désormais parcs et espaces publics, notamment dans la province du Khorasan-e Razavi.
Mehdi Norouzzadeh, expert en gestion des déchets à l’Organisation de protection de l’environnement du Khorasan-e Razavi, explique que bien qu’il n’existe pas encore de cadre officiel pour l’utilisation des déchets dans l’art urbain, des initiatives sont régulièrement organisées dans les écoles et les espaces publics pour familiariser les citoyens, en particulier les jeunes générations, avec les concepts de tri des déchets et de recyclage. Ces programmes incluent des concours et des activités éducatives visant à transformer la perception des déchets, de simple rebut à ressource potentielle.
L’expert souligne que les œuvres d’art réalisées à partir de matériaux recyclés transmettent le message environnemental de manière plus efficace que les discours directs. Installées dans l’espace public, elles interpellent les passants et les incitent à réfléchir à leur propre consommation. Cette approche contribue à faire de la réduction des déchets une demande sociale et à ancrer les principes du développement durable dans les mentalités.
Malgré son impact culturel indéniable, ce mouvement artistique reste confronté à des défis. Travailler avec des matériaux recyclés est plus complexe et plus long que d’utiliser des matériaux vierges, ce qui peut décourager certains artistes. De plus, ces œuvres peinent encore à trouver leur place dans le circuit commercial, restant principalement cantonnées à un rôle symbolique et éducatif. Les municipalités et les institutions culturelles sont appelées à soutenir davantage ces initiatives par des expositions et des installations permanentes.