
Le 21 mars est l’anniversaire de la naissance d’Abdolhossein Zarrinkoub, un homme qui, selon ses propres mots, était même plus âgé que Norouz…
Connu surtout pour son grand ouvrage littéraire Deux siècles de silence
Abdolhossein Zarrinkoub, professeur d’université, chercheur et historien, est né le 21 mars 1923. Il disait toujours : « Chaque année, j’ai un ou deux jours de plus que Norouz, puisque c’est exactement un ou deux jours avant l’an 1302 (du calendrier iranien) que je suis né à Boroudjerd. » Il s’est éteint à l’âge de 77 ans, après avoir subi une période de maladie, le 15 septembre 1999. Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle s’est écoulé depuis son décès.
Zarrinkoub est considéré comme un éminent historien. Il s’est mis à écrire vers l’âge de 20 ans et, après avoir été admis à l’Université de Téhéran, il a poursuivi des études de littérature jusqu’au doctorat. Pourtant, il disait : « Je vois tout à travers les yeux de l’histoire. »D’après ses déclarations, l’histoire ne se répète pas, car il est impossible de reproduire ce qui est passé. Cependant, l’homme, étant ignorant, revit les expériences échouées du passé tout en croyant que, celles-ci venant de lui, ne seront plus des erreurs. Il confond ainsi la répétition de ses propres erreurs avec la répétition de l’histoire.L’histoire est en fait une chaîne d’événements liés, dont le pouvoir politique ne représente que la partie visible, tout en jetant une ombre sur l’autre partie cachée, celle qui concerne la vie culturelle et sociale des peuples. Selon lui, il est impossible de comprendre l’histoire sans dépasser l’aspect politique afin d’atteindre cette seconde dimension. Peu importe à quel point la voix des hommes du pouvoir et de l’argent est forte, une réalité demeure éternelle : ce sont ceux qui, restant dans l’ombre et dans le silence, ont œuvré pour le progrès du savoir, de la littérature et de la culture, qui ont véritablement construit l’histoire. « L’histoire visible met en avant Sandjar, Gengis Khan, Houlagou et Tamerlan, tandis que l’histoire cachée façonne Al-Ghazali, Fakhr al-Din al-Razi, Saadi et Hafez. »
La liste des œuvres majeures de Zarrinkoub comprend des livres tels que L’Aube de l’Islam, Le Carnet de l’Islam (Karname-ye Eslam) et Avec la caravane de Hulla (Ba Karvane-e Holle). Il a également écrit des biographies réputées sur les figures littéraires de l’histoire persane, dont Étape par étape jusqu’à la rencontre de Dieu (sur Rûmî), Fuite de l’école (sur Al-Ghazali) et De la ruelle des sages (sur Hafez), qui restent, même aujourd’hui, parmi les ouvrages les plus vendus. Il a aussi écrit de nombreux livres concernant l’histoire de l’Iran, parmi lesquels Deux siècles de silence, qui relate la chute de l’Empire sassanide, est en fait son livre le plus célèbre. D’ailleurs, Les Époques, une histoire générale de l’Iran, est quant à lui considéré comme son œuvre la plus complète et la plus exhaustive. Cet ouvrage a d’abord été publié sous forme de feuilletons dans la revue Mehrgan, puis, en janvier 1952, il a été apparu pour la première fois sous forme de livre, édité par la Société des licenciés de l’ENS. Aujourd’hui, sa 40ᵉ édition est disponible aux éditions Sokhan (Parole).
Parmi les autres œuvres publiées de Zarrinkoub, on compte :
· Une poésie sans mensonge, une poésie sans masque
· Le secret du roseau
· L’océan dans une cruche
· Dans le royaume de la conscience
· La flamme du mont Tur (sur la vie d’Al-Hallaj)
· Les essences de la poésie persane
· La littérature française au Moyen Âge
· La littérature française à la Renaissance
· La Poétique d’Aristote
Bien que plus de 20 ans se soient passés depuis son décès, l’Iran et les Iraniens n’ont pas encore oublié Abdolhossein Zarrinkoub ; cela prouve que les hommes de lettres resteront éternels dans le cœur de l’histoire…