La méga-mine de cuivre qui va sortir le Sistan-Baloutchistan de la pauvreté

Dans la province du Sistan-Baloutchistan, l’une des régions les moins développées d’Iran, le projet minier de cuivre de Janja est en train de devenir un levier majeur de transformation économique. Situé dans la ville de Nimrouz, ce gisement s’étend sur environ 90 km² et ses réserves prouvées dépassent 300 millions de tonnes, avec un potentiel d’extension à plus d’un milliard de tonnes selon les explorations complémentaires. La teneur moyenne du minerai est estimée à 0,26 %, un niveau considéré comme économiquement viable dans le contexte mondial actuel où l’exploitation des gisements à faible teneur est devenue courante.

Le projet, porté par la société de développement des mines et industries du cuivre de Janja, repose sur un investissement total de 450 millions d’euros. Il comprend la construction d’une usine de concentration d’une capacité annuelle de 130 000 tonnes de concentré de cuivre à 26 %, ainsi qu’une usine de lixiviation pour traiter les plus de 40 millions de tonnes de minerai oxydé identifiées, capable de produire environ 3 000 tonnes de cathodes de cuivre par an. La plus grande installation de lixiviation en tas du pays, d’une superficie de 600 000 m², est déjà en construction.

L’avancement physique du projet dépasse 30 %. Plus de 20 millions de tonnes de morts-terrains ont déjà été extraits, et plus de 120 000 mètres de forage d’exploration ont été réalisés. Les équipements majeurs (concasseur giratoire, broyeurs SAG et à boulets, cellules de flottation) ont été commandés auprès de fournisseurs étrangers. Les infrastructures critiques sont en cours de développement, avec notamment l’obtention d’un permis pour une alimentation électrique de 90 MW et la construction de postes électriques dédiés. L’approvisionnement en eau industrielle sera assuré par le recyclage de 5 millions de m³/an d’eaux usées, minimisant l’impact sur les ressources hydriques locales.

Sur le plan social, le projet génère déjà plus de 800 emplois directs et devrait en créer entre 1 000 et 1 500 à terme, avec plus de 5 000 emplois indirects. Les autorités locales rapportent des signes de migration inversée vers les villages environnants, un phénomène rare dans cette région défavorisée. La mise en service complète est prévue pour 2027-2028 (année iranienne 1406). Dans un contexte mondial de demande croissante de cuivre, essentiel aux technologies vertes et aux véhicules électriques, Janja pourrait devenir un pôle industriel majeur et un moteur de développement pour l’est de l’Iran.

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