Hommage à Ali Babachahi, poète de la mer et des horizons ouverts

Ali Babachahi, poète et critique littéraire, est décédé à l’âge de 83 ans.
Il est né en 1942 dans la ville portuaire de Kangan, dans la province de Bouchehr, en Iran. Le paysage maritime, la chaleur, le Sud et les horizons ouverts ont sans doute joué un rôle important dans la formation de son imagination et de sa sensibilité poétique.
Il s’est tourné vers la poésie dès l’adolescence et a publié ses premiers textes sous le pseudonyme « A. Faryad ». Ce début révélait déjà un tempérament qui n’était pas destiné à céder à l’immobilisme ni à la répétition.
Plus de cinquante années de présence continue dans le domaine de la poésie et de la critique ont fait de lui une figure influente, aussi bien dans la création poétique que dans la réflexion théorique sur la littérature.
Parmi ses recueils de poésie figurent notamment : Le monde et les lumières mélancoliques, De la génération du soleil, La voix du sable, De notre terre se lève le soleil, Le chant des hommes de la mer, Je suis une pluie légère, J’étais allé chasser la baleine, Picasso dans les eaux du golfe Persique, L’intelligence et l’attention de la giroflée nocturne me suffisent, La fleur de pluie de mille jours, Le monde se trompe, Viens ramasser des coquillages, Ils aiment à leur manière, Ce navire mystérieux, Je marche dans une chambre sur l’eau, La beauté du monde est justement là et Au crépuscule les êtres humains n’ont pas de nom.
L’influence de Babachahi ne peut être mesurée uniquement à travers ses livres et ses recueils publiés. Sa présence dans la vie littéraire, dans les échanges, les rencontres et les débats intellectuels, a constitué une part importante de la vie culturelle contemporaine iranienne.
Il n’était pas homme à garder un silence prudent ; il était homme de questionnement, de doute et d’exploration, ouvrant des chemins qui pouvaient paraître, au premier abord, inhabituels. Maintenant qu’il nous a quittés, ce qui demeure n’est pas seulement un ensemble de poèmes et d’essais critiques, mais aussi une manière de voir le langage et le monde, une vision qui considérait la poésie comme un espace de liberté et d’expérimentation.