Réforme monétaire en Iran : Le rial perd quatre zéros, mais pas sa valeur, dans une transition sur cinq ans

L’Iran a officiellement lancé le processus préparatoire pour la réforme de sa monnaie nationale, le rial, avec la suppression de quatre zéros. Cette mesure, prévue par une loi adoptée par le Parlement en novembre 2024 et entrée en vigueur en décembre de la même année, sera mise en œuvre sur une période totale de cinq ans, divisée en deux phases.
La première phase, d’une durée de deux ans (jusqu’en décembre 2026), est consacrée à la préparation des infrastructures. Fakhri Mohaddes, responsable du groupe de l’économie numérique à la Banque centrale, a expliqué que tous les systèmes bancaires, financiers, comptables et fiscaux seront mis à jour pour s’adapter à la nouvelle échelle monétaire. Cette étape vise à garantir que les plateformes de paiement et l’ensemble du système financier soient prêts pour la transition.
S’ensuivra une période de transition de trois ans (fin 2026 à fin 2029) durant laquelle l’ancien et le nouveau rial coexisteront. Les citoyens pourront effectuer leurs transactions avec les deux unités. Pendant cette phase, l’affichage des prix en double étiquetage (ancien et nouveau rial) sera obligatoire pour familiariser la population avec la nouvelle échelle et éviter les erreurs ou abus.
Il est crucial de souligner que cette réforme est strictement cosmétique et comptable. Mohaddes a insisté sur le fait que la suppression de quatre zéros n’a aucun effet sur la masse monétaire, la liquidité ou l’inflation. Un nouveau rial équivaudra à 10 000 anciens rials. Une sous-unité, le « geran » , est également introduite (100 gerans = 1 nouveau rial). L’objectif est de simplifier les calculs, réduire les erreurs humaines dans les transactions et diminuer les coûts d’impression et de gestion des billets, sans aucune incidence sur le pouvoir d’achat réel des citoyens. Après la fin de la période de transition, l’ancien rial sera complètement retiré de la circulation.