L’Iran impose sa définition du nano-argile face au Japon et défie désormais L’Oréal

L’Iran a remporté une victoire stratégique majeure dans le domaine des nanotechnologies en imposant sa norme internationale pour le nano-argile (Nano-clay) après quatre années de négociations techniques intenses avec le Japon. Hassan Pouypouy, responsable du programme de normalisation au Comité iranien des nanotechnologies, a expliqué que Téhéran avait proposé une définition précise de ce matériau utilisé dans les composites et les plastiques. Cette définition entrait en conflit direct avec le produit commercialisé par le Japon, qui exploitait d’immenses mines de bentonite.
Le Japon a mobilisé ses plus grands experts, y compris des auteurs d’ouvrages de référence publiés par des maisons d’édition internationales comme John Wiley, pour contester la proposition iranienne. Pendant près de quatre ans, un combat scientifique acharné s’est livré au sein des comités techniques de l’ISO. Finalement, le Japon a dû céder et accepter que la définition iranienne devienne la norme de base (Part 1) , la proposition japonaise étant reléguée au rang de partie complémentaire (Part 2).
Cette bataille illustre l’importance stratégique de la normalisation internationale. Participer aux comités de l’ISO n’est pas seulement un exercice technique : c’est un moyen de défendre les intérêts nationaux, de faciliter les exportations et de s’assurer que les normes ne soient pas rédigées de manière à exclure les produits iraniens des marchés mondiaux. L’Iran, membre actif du comité technique ISO/TC 229 sur les nanotechnologies, est aujourd’hui classé quatrième mondial pour le nombre de normes internationales rédigées, derrière les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon.
Un nouveau front s’est ouvert en 2024 avec la proposition iranienne de normaliser l’oxyde de zinc (Zinc Oxide) utilisé dans les cosmétiques. Le géant français L’Oréal a rapidement réagi en dépêchant deux à trois experts seniors pour contester les définitions techniques proposées par Téhéran. Cette confrontation démontre la montée en puissance de l’Iran comme acteur influent dans la définition des standards technologiques mondiaux, au point de menacer les intérêts des leaders établis de l’industrie cosmétique.