L’Iran aux portes d’un traitement révolutionnaire par greffe de cellules souches

Le professeur Hossein Baharvand, chercheur éminent à l’Institut Royan et lauréat du prix Mustafa (équivalent du prix Nobel pour le monde islamique), a annoncé une avancée majeure dans le traitement de la maladie de Parkinson. L’équipe de Royan est désormais prête à réaliser des greffes de cellules souches pluripotentes sur des patients humains pour évaluer leur efficacité contre cette maladie neurodégénérative. Cette annonce marque une étape cruciale après des années de recherches fondamentales et précliniques.
Dans un entretien approfondi, Baharvand partage sa philosophie scientifique inspirée de trois grandes leçons de la nature. Premièrement, l’évolution est graduelle : il n’y a pas de raccourci vers le progrès, 99,9999 % des mutations étant létales. Il prône une progression lente mais continue. Deuxièmement, le défi est le moteur de l’évolution : la nature élimine ceux qui ne s’adaptent pas, à l’image des dinosaures, et récompense ceux qui développent des capacités cognitives. Troisièmement, la mort programmée (apoptose) est constructive – comme la mort des cellules entre les doigts du fœtus – contrairement à la nécrose, destructrice.
Baharvand applique ces principes à la gestion des talents : pour chaque chercheur, il faut créer une « niche » écologique spécifique (kounam) permettant son épanouissement. Il a ainsi contribué à fonder l’Institut Royan Abu Ali Sina à Shiraz (inauguré en 2024) pour la fertilité et le diagnostic génétique, et un centre de dépistage du cancer à Babol (Nord), répondant à une forte prévalence locale. Ces centres illustrent sa vision d’une université de quatrième génération, connectée aux problèmes sociétaux.
Enfin, Baharvand dévoile un nouveau projet ambitieux : créer une niche pour l’étude du cerveau humain, qu’il qualifie de « phénomène le plus complexe de l’univers ». Avec ses 100 milliards de neurones, 800 000 km de connexions et seulement 20 watts de consommation, le cerveau inspire des technologies comme le bio-computing. Royan développe des organoïdes cérébraux (mini-cerveaux de 3-4 mm) à partir de cellules souches pour modéliser l’autisme, Parkinson, et potentiellement créer des processeurs biologiques, mille fois moins énergivores que le silicium.