Face à la pénurie d’infirmiers, l’Iran inaugure son premier « hôtel pour soignants » à Téhéran

L’Iran fait face à une pénurie critique d’infirmiers dans les hôpitaux publics de la capitale, Téhéran, principalement en raison du coût de la vie et des loyers prohibitifs. Malgré les offres d’emploi, les infirmiers préfèrent souvent travailler dans d’autres villes où leurs salaires sont en adéquation avec leurs dépenses, notamment pour le logement. Cette crise provoque un cercle vicieux de sous-effectifs et d’heures supplémentaires forcées pour le personnel restant.
Pour contrer ce problème, une solution innovante a été mise en œuvre : la construction de complexes résidentiels et de bien-être à proximité des hôpitaux, offrant un logement abordable et de qualité au personnel soignant. Le premier exemple est l’« Hôtel pour infirmiers » de l’hôpital Firouzabadi, inauguré avec un investissement de 80 milliards de tomans. Ce complexe de 2 400 m² compte 29 unités meublées (suites pour célibataires ou couples) pouvant accueillir environ 200 personnes. Il offre des équipements de niveau hôtelier, incluant un espace sportif complet avec salle de gym, sauna et jacuzzi, ainsi que des espaces verts, le tout séparé de l’environnement hospitalier pour préserver le calme des résidents.
Les autorités médicales considèrent cette initiative comme un modèle crucial pour retenir et attirer le personnel soignant en éliminant le principal obstacle financier. Le président de l’Université des sciences médicales d’Iran a souligné la nécessité de tels logements à proximité des centres de soins, notamment en période de crise. L’objectif est maintenant de dupliquer ce modèle dans d’autres grands hôpitaux de Téhéran ; la construction d’au moins six complexes similaires pourrait potentiellement loger et retenir environ 1 200 infirmiers supplémentaires, atténuant significativement la pénurie dans la capitale.