En Iran, le rituel hivernal « Jal Jalan » mêle chants, solidarité et appel à la fertilité

Le rituel traditionnel de « Jal Jalan » est célébré chaque année du 17 au 19 du mois persan de Dey (mi-janvier) dans le village de Tameh, situé près de la ville de Natanz, dans la province d’Ispahan. Cette cérémonie ancestrale, transmise oralement de génération en génération, se déroule pendant les nuits réputées les plus froides de l’hiver, connues sous le nom de « Chelleh-ye Bozorg » (les quarante grands jours d’hiver).
Le rituel commence par l’allumage d’un feu cérémoniel. Les participants croient traditionnellement que la couleur rouge des flammes augmente la fertilité des cultures et apporte les bénédictions de Dieu pour une année prospère. Certains villageois se rendent également dans leurs vergers pour placer une pierre à la base des arbres fruitiers, une pratique visant à stimuler leur production.
Le cœur de la cérémonie est une tournée chantée de maison en maison. Un groupe, dirigé par un « maître », parcourt les ruelles du village. Devant chaque porte, le maître entonne un poème traditionnel spécifique, dans lequel le nom du propriétaire de la maison est mentionné par respect. Le groupe répond en chœur. En échange de cette performance, le propriétaire offre des cadeaux en nature : fruits, noix, sucreries, etc. Un collecteur désigné (parfois accompagné d’un âne portant des sacs) rassemble ces dons.
Après la collecte, les participants se réunissent dans un lieu commun (mosquée ou hosseiniyeh) pour partager les offrandes. Une partie est distribuée aux nécessiteux du village, et le surplus est souvent vendu au profit d’œuvres caritatives locales. Ce rituel, qui peut durer jusqu’au milieu de la nuit, renforce la cohésion sociale et la solidarité communautaire.
L’importance de cette tradition est officiellement reconnue : le rituel Jal Jalan a été inscrit au patrimoine national immatériel de l’Iran en 2016 (sous le numéro 1201) et figure également dans le calendrier officiel des événements touristiques du pays.