Le poulet Aryan : une fierté locale menacée par l’oubli et les dysfonctionnements administratifs

Le projet de relance du « Poulet Aryan », une race locale stratégique destinée à assurer l’autosuffisance en production de volailles en Iran, semblait prometteur mais a été marqué par des contradictions administratives et une absence de continuité. Depuis plusieurs années, malgré les promesses du centre de développement biotechnologique, cette race indigène peine à rivaliser avec les souches étrangères importées, notamment issues des filières Ross, Cobb et Hubbard, ce qui maintient la dépendance vis-à-vis des importations.

Les discours officiels se contredisent quant à la gestion du projet. Alors que Mustafa Ghanei, secrétaire du comité biotechnologie et santé, affirme que la sélection et amélioration de la race Aryan sont toujours en cours pour réduire la dépendance aux poussins importés, Arzhang Javadi, secrétaire du comité économie du secteur agroalimentaire, reconnaît que les ressources allouées ont été limitées ces dernières années, et que la responsabilité principale a été en grande partie transférée au ministère de l’Agriculture via le Conseil supérieur de la sécurité nationale, qui a sous-traité le projet à l’organisme Etka.

Le retard dans la recherche et développement est souligné comme une cause essentielle de ce retard compétitif. Depuis près de vingt ans, peu d’efforts significatifs ont été faits, ce qui explique que la race Aryan, malgré son potentiel stratégique, reste moins performante comparée à ses concurrents étrangers. Or, Ghanei précise qu’un travail continu sur un élevage expérimental impliquant notamment des technologies robotiques pour la gestion sanitaire est en cours dans un centre pilote, mais les résultats pourraient prendre jusqu’à dix ans pour se concrétiser à grande échelle.

Par ailleurs, l’historique du projet montre qu’en 2022, 25 programmes nationaux avaient été lancés pour rénover les fermes existantes, établir des élevages pilotes et introduire des technologies modernes comme des systèmes d’alimentation automatiques et des outils de surveillance ultrasoniques, dans l’objectif d’un retour compétitif.

L’importance du projet a été réaffirmée en 2020 avec une directive spéciale du guide suprême iranien destinée à la revitalisation du poulet Aryan, soutenue par un comité national réunissant plusieurs entités gouvernementales. Malgré cela, l’opacité actuelle sur le transfert des responsabilités, la fusion du comité biotechnologique et les contradictions dans les annonces officielles ont créé un flou inquiétant sur l’avenir du projet.

Le projet se trouve ainsi suspendu entre impératifs de sécurité alimentaire nationale et complexités bureaucratiques, tandis que la dépendance aux poussins importés continue. Cette situation soulève des questions majeures quant à l’utilisation des financements publics et la valorisation des capacités de recherche accumulées.Jusqu’à ce qu’une communication claire et un engagement solide soient établis pour résoudre ces incohérences, le projet « Poulet Aryan » risque de rester une « histoire oubliée » plutôt qu’une véritable priorité nationale.

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