Le plan iranien de transformation géologique avec l’intelligence artificielle et la géophysique aéroportée

Le plan de transformation géologique en Iran a été lancé en intégrant des technologies modernes telles que la géophysique aéroportée et l’intelligence artificielle pour réduire les risques et accélérer les explorations minières. Cette initiative, coordonnée par l’Organisation géologique et d’exploration minière iranienne, l’IMIDRO (Iranian Mines & Mining Industries Development and Renovation Organization) et le ministère de l’Industrie, des Mines et du Commerce, vise à optimiser les processus d’exploration et à encourager l’investissement privé.
Le projet s’articule autour de quatre axes principaux : géophysique aéroportée, géologie économique, géochimie et cartographie géologique à grande échelle (1:50 000). La priorité est donnée à 420 zones couvrant 16% du territoire national, avec déjà 120 zones (360 projets) en cours ou achevés en 2025. Le calendrier prévoit la finalisation de ces études prioritaires sur trois à quatre ans.
Ibrahim Moulabighi, vice-président de l’Exploration à l’organisation, a insisté sur le développement de la géophysique aéroportée–notamment par magnétométrie et radiométrie–qui doit couvrir 2 millions de kilomètres linéaires. Des partenariats avec des entreprises spécialisées privées ont été mis en place, et une première phase d’investigation par hélicoptère est en cours dans la région de Jiroft-Bahar-e-Aseman au Kerman. Par la suite, des méthodes électromagnétiques temporelles viendront compléter l’étude.
Un autre volet innovant est l’utilisation de la magnétotellurique (MT) pour étudier la croûte terrestre et détecter des gisements profonds, avec un programme quadriennal national pour couvrir l’ensemble du pays. Par ailleurs, le développement d’une plateforme d’intelligence artificielle pour automatiser l’analyse des données géochimiques à grande échelle est en cours, suite à la collaboration avec plusieurs start-ups spécialisées.
Face à un fort risque d’investissement dans l’exploration minière, l’organisation vise à réduire cette incertitude pour attirer le secteur privé, notamment en fournissant des données géologiques précises et en libérant des zones exploitables. La prise en compte des enjeux environnementaux est également intégrée via l’utilisation de biotechnologies, comme le biolixiviation, qui favorise l’extraction écologique de métaux précieux tout en réduisant la consommation d’énergie, de produits chimiques et la pollution.
Malgré le potentiel, le vice-président souligne que l’exploration initiale reste fortement dépendante des entités publiques ou semi-publiques à cause du risque élevé qui décourage l’investissement privé. La stabilité réglementaire et de meilleures perspectives fiscales sont nécessaires pour renforcer l’engagement des acteurs privés.